Dans ma vie j’ai croisé trois fois l’euthanasie

La première était en 1969. La grand-mère de mon mari de l’époque fut atteinte d’un cancer. Elle vivait avec sa fille. Cette dernière face à la souffrance qui faisait hurler sa mère se servit d’une ordonnance de morphine plus qu’à son tour et fut découverte par le médecin qui l’engueula. Je fut surprise par la réaction du médecin et j’approuvais ma belle-mère.La deuxième fut fin 1983. Ma mère atteinte d’un cancer commença à souffrir plus que de raison. Je demandais une entrevue avec le médecin responsable du service hospitalier où elle se trouvait et lui demandait d’augmenter la posologie de la morphine : l’important était que ma mère souffre le moins possible et peu importait que cette prescription accèlère sa mort. Ma belle-mère m’avait montré le bon exemple.La troisième était en 2000. Mon père de 94 ans n’en pouvait plus de la vie bien que n’ayant aucune maladie. Il se prescrit à lui-même sa mort en arrêtant de manger. Je demandais au médecin de ne pas le nourrir de force par tuyaux et/ou piqûres : respectons la décision qu’il a prise.En enseignement de ces faits j’ai toujours sur moi un papier qui demande de ne pas me faire subir de réanimation excéssive ou tardive qui risquerait de me laisser tel une plante.