Préambule – Je suis en cours de reprendre des lectures faites années 70. J’en avais gardé l’esprit, mais les relire ces jours-ci prend un sens impossible à imaginer durant ces belles années !
Mes lectures sont orientées évidemment sur tout ce qui se rapproche des événements actuels, autant la crise, que la manière de l’aborder, que la venue de Hollande à la présidence… Vous en faire des synthèses n’est pas un petit boulot ! Je vais faire mon possible. On nous dit que l’histoire ne se répète pas, certes, mais là si elle se répète en ce qui concerne l’économie libérale, les mêmes erreurs, les mêmes analyses libérales, les mêmes positions rigides des économistes, des gouvernants, enfin c’est ahurissant. Quant au Front Populaire je ne lis pas dans les boules de cristal.
Je commence par (re) faire connaissance avec Goldman Sachs et ses agissements (1). Je vous ferais bien des photos, mais je crois que c’est interdit pour le copyright. Ce qui suis est comment Goldman Sachs a toujours su comment gagner du fric :
Goldman, Sachs et cie fonde Goldman, Sachs Corporation (4) le 4 décembre 1928 (2). Émissions initiales de la Trading Corporation d’1 milliard de parts, toutes achetées par Goldman, Sachs et cie à 100 dollars la part, vendues à 104 $ la part.

Elle fusionna avec la Financial and Industrial Securities Corporation. Les avoirs 235 milliards $ reflètent un gain supérieur à 100 % en moins de 3 mois. La part de 104$ se vendait 136,50$ trois semaines plus tard, puis 222,5$ le 7 février.

Ce n’était pas que le public qui y contribuait, mais elle même qui s’achetait ses propres titres. Le 14 mars : 560 724 parts pour 57 021 936 $. L’achat augmentant la valeur. Puis elle revendit à William Crapo Durant, qui les revendit au public.
Le 26 juillet 1929, la Trading corporation unie avec Harrison Williams lance la Shenandoah corporation. Les titres émis initialement s’élèvent à 102 500 000 $ ils furent souscrit 7 fois. 2 millions furent acquis par la Trading corporation et 2 millions par Central States Electic corporation par Harrison Williams fondateur.
L’action Shenandoah émit à 17,50$… elle ferma à 36$ (plus tard elle descendit à 0,50 !)
Blue Ridge corporation apparut le mardi 20 août, capital 142 000 000$, fondée par Shenandoah. Sur 7 250 000 parts Shenandoah en souscrivit 6 250 000. Le jeudi Goldman Sachs Trading corporation annonce l’acquisition de Pacific American associates, capital 100 millions. En prévision d’une fusion Trading corporation émis 71 400 000$ d’actions en plus qu’elle échange contre des actions American Company, holding possédant 99% des actions de l’American Trust company.
Après cette activité d’un 1/4 de millard de $ en moins d’un mois (3) Goldman Sachs diminue son activité.

Galbraith commente :
Des titres de sociétés de placement furent offerts en plus grand nombre en septembre 1929 qu’en août – le total se situant au-dessus de 600 millions de dollars. Cependant, le lancement presque simultané de la Shenandoah et de la Blue Ridge devait marquer l’apogée de la nouvelle ère financière. Il est difficile de ne pas s’émerveiller de l’imagination qui avait entrainé cette folie gigantesque. S’il doit y avoir folie, il vaut mieux lui donner des dimensions quasi héroïques.
Des années plus tard eut lieu ce dialogue devant une commission du Sénat des Etat-Unis :
Le sénateur Couzens : est-ce que la Goldman Sachs and company a créé la Godman Sachs Trading corporation ?
M. Sachs : oui monsieur
Gouzens : Et elle a vendu ses actions au public ?
Sachs : une partie. Les firmes achetèrent au départ 10% de l’émission totale pour la somme de 10 000 000$
Couzens : et les autres 90 % furent vendus au public ?
Sachs : oui monsieur
Couzens : à quel prix ?
Sachs : à 104. C’est à dire les anciennes actions… Les actions étaient fractionnées à deux contre un
Couzens : Et quel est le prix des actions maintenant ?
Sachs : approximativement 1,75.