1 – Le Mandarinat ou recrutement des fonctionnaires
Les examens sont ouverts à tous. Pas de restriction selon l’origine sociale. Les recommandations ne sont pas de mise. Compte la valeur de l’individu. Les valeurs recherchées sont les idées morales et les connaissances culturelles. Manque le savoir pratique ou technique. Cependant pour atteindre le niveau il faut étudier durant de nombreuses années, capacité réservée aux riches.
La tradition remonte à l’antiquité. Sous les Hans l’examen comporte une dissertation sur un sujet politique ou le sens d’un classique, et un examen oral sur une question tirée au sort, devant l’empereur.
A partir du 6è siècle l’examen est organisé au niveau des préfectures : 3 candidats choisis
envoyés à la capitale, avec le choix entre l’examen sur la littérature et la poésie, ou celui sur les Classiques. On ajouta d’autres options : loi, épigraphe, mathématiques. Le plus important était le Doctorat sur la littérature. Pour recruter des officiers il fut organisé un examen sur l’art militaire.Les copies étaient anonymes. Ces examens évoluèrent au cours des siècles. Ils comportaient plusieurs niveaux : la préfecture, la province, deux examens à la capitale. Les reçus sont fêtés et leur nom gravé dans la pierre (voir photo de la tortue prise au Vietnam).
2 – Le gouvernement local
Le nombre des fonctionnaires est réduit compte tenu du territoire et du nombre des administrés, ils ne sont pas d’origine de la région administrée, ils sont en plus surveillés par des inspecteurs qui couvrent plusieurs préfectures. Ils ont la suprématie sur les militaires (sauf aux frontières). Ils se font assistés par des locaux, dont ils sont légalement responsables.
Leur charge est d’appliquer les décisions du gouvernement central en particulier de lever les impôts (traités dans un autre article). Ils font exécuter les grands travaux qui nécessitent une aide de l’état. Ils administrent les greniers à riz qui permettent la stabilisation des prix et d’éviter la spéculation.Ils rendent la Justice. Et comme « la Paix règne », il n’est pas inhabituel de battre les accusateurs pour s’assurer du bien fondé de leurs accusations. Les accusés sont torturés. Les procès entraînant la peine de mort sont révisés à la capitale avant l’exécution.Cependant la vie local est organisée (jusque dans les années 1990) sous la conduite des anciens du village ou du clan, où prédominent les grands propriétaires fonciers (ce qui prime actuellement c’est la place du chef dans l’appareil du parti communiste). Les conflits qont le plus souvent résolus à l’intérieur de la communauté. On a même vu le village collectivement responsable.
à suivre : les impôts, le gouvernement central, le Taoïsme, le Confucianisme et comment ces philosophies interviennent dans l’idéal chinois.
Sources : Chine de Jacques Pimpaneau, éd. Philippe Picquier, 1988 ; Chine : l’envers de la puissance de Cai Chongguo, éd. En Clair Mango, 2005 ; La Chine sera-t-elle notre cauchemar de Philippe Cohen et Luc Richard, éd. Mille et une nuits, 2005, et tout Pearl Buck, prix Nobel.
Vous pouvez aussi vous reporter aux précédents articles (écrits depuis l’Asie du Sud-Est, souvent de mémoire – février 2008)