Gaz à effet de serre : les pets et les rots des boeufs

J’ai écrit cet article en septembre 2005 sur un autre blog, il est toujours d’actualité, je l’avais intitulé « Ou une catastrophe annoncée« Hier aux informations la pollution par les vaches. Ils nous énuméraient des chiffres qui, sortis de leur contexte ne signifient rien, car les millions de quelque chose ne parlent que s’ils sont rapprochés en pourcentage, d’autres chiffres, à moins que vous connaissiez les références par cœur. Je me sentais totalement démunie face à cette information. Faut-il tuer toutes les vaches ? Ce serait bien dommage, déjà qu’elles me manqueraient dans les champs. Ils nous parlaient des émissions par rots et rejets de pets ; on ne peut non plus changer le régime des vaches, bien qu’il soit très difficile à digérer. Ne plus manger que du porc et des volailles ? Et encore les pollutions là sont sournoises, dans les deux cas se sont les sols. On ne devrait pas donner une telle information sans nous donner aussi les solutions autres que de devenir végétarien. J’ai donc été chercher d’autres informations. J’en ai trouvé sur le site des professionnels de l’agriculture.

« L’agriculture contribue pour environ 10% aux émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne. La moitié est due aux sols, un tiers aux fermentations entériques des animaux (flatulences) et 20% aux effluents d’élevage, notamment en conditions anaérobies. Les principaux gaz émis sont le méthane et le protoxyde d’azote, dont l’effet de serre est beaucoup plus puissant que le gaz carbonique. »

Alors s’ils nous proposent le développement de « la biomasse (+47% entre 1993 et 2003) et de biocarburants liquides (éthanol, biodiesel)… (Elle) ne représente que 4% de la consommation d’énergie brute de l’UE »Par ailleurs une autre information est tout aussi démoralisante. Celle parut dans Politis n° 869 du 29/09/05 de Jean Gadrey, économiste, membre d’Attac et enseignant à l’Université Lille-1.

« les « objectifs du millénaire » des Nations Unies, visant à réduire fortement la pauvreté mais ceux-ci vont à l’encontre de la pollution car les économistes n’envisagent que la croissance pour la réduire.Or la croissance induit de la pollution : « Que l’accélération du réchauffement climatique dans la période récente est directement liée aux émissions d’origine humaine de gaz à effet de serre, principalement le CO2. Que, au-delà d’un réchauffement de 2° par rapport à l’époque pré-industrielle (on est actuellement à 1°, et compte tenu des émissions actuelles, on atteindra 1,5° d’ici peu) des catastrophes humaines mondiales sont prévisibles : sécheresses, tempêtes[singlepic id=2128 w=128 h=128 float=left], élévation du niveau des mers, etc. Que, au cours du XXIème siècle, sur la base des tendances actuelles, le réchauffement sera compris entre 2° et 6°, sans même évoquer des scénarios nettement plus pessimistes mais non dénués de fondements »

Et par ricochet ce sont les pays pauvres qui prendront les premiers, puisque les plus sensibles car situés dans des zones géographique où le climat est un déterminant de la vie. (sauf récemment aux Etats-Unis avec les ouragans, qui n’ont pour l’instant pas l’air de les réveiller).

« On estime que 90 % des personnes concernées par les désastres « naturels » liés au réchauffement habitent dans des pays ou régions pauvres. Dans certaines régions (Sahel, Amérique centrale, Bengladesh, Pacifique sud…), ces désastres peuvent anéantir en quelques heures des années de progrès du développement humain. Selon la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge, le nombre de personnes gravement affectées par de telles catastrophes est passé de 740 millions dans les années 1970 à plus de 2 milliards dans les années 1990. Les pertes économiques correspondantes seraient passées de 131 milliards à 629 milliards, soit plus que dix ans d’aide publique au développement. Selon le PNUE, le coût du réchauffement climatique double tous les dix ans. Selon d’autres estimations, les pertes économiques de ce type dépasseraient le PIB mondial au cours des années 2060 ! Calculs contestables sans doute, mais guère plus que ceux de l’économie usuelle.La moitié de la population mondiale vit dans des zones côtières qui seraient submergées si le niveau [singlepic id=2119 w=128 h=128 float=left] des mers s’élevait d’un mètre, évaluation prudente pour le siècle à venir si les tendances actuelles persistent.»

De plus au niveau des migrations : « Il faut donc s’attendre à des migrations massives de « réfugiés environnementaux » : vingt millions avant la fin du siècle rien que pour le Bangladesh, 150 millions dans le monde dès 2050 selon des chercheurs d’Oxford. »«Pour maintenir le réchauffement climatique dans des limites humainement tolérables, il faudrait que chaque habitant du monde ne dépasse pas un niveau d’émissions de 0,46 tonnes de carbone par an. En 1995, aux États-Unis, ce chiffre était de 5,3 tonnes, soit 12 fois plus.Et curieusement ce sont les politiques libérales, actuelles qui sont en cause, car il nous faut penser la croissance autrement, pas par une amplification des biens matériels, mais par une croissance de bien-être de l’humain. Autrement dit plus d’aide à la personne.Un peu d’optimisme pour finir :

« L’histoire montre que, dans des circonstances exceptionnelles, l’économie d’un pays peut être profondément restructurée en peu de temps sans catastrophe sociale, dès lors qu’existe une claire conscience de périls communs. Cette prise de conscience tarde pour les risques environnementaux, parce que d’énormes intérêts privés sont en jeu et que les réseaux de la pensée unique minimisent les enjeux. Il appartient aux contre-réseaux de s’y mettre. Quand « la maison brûle », il faut cesser d’y entasser des bombes à retardement. »

C’est vraiment plus qu’optimiste car vraiment on n’en prend pas le chemin, car ce n’est pas en se servant d’un verre à dent plutôt que de laisser couler l’eau du robinet, mais en arrêtant de cimenter dans les villes, les banlieues, les nouvelles constructions partout qu’on évitera les inondations en France, déjà ! pour que l’eau ne ruisselle pas mais puisse pénétrer dans le sol ! Qu’il est bien beau de nous dire de ne plus se servir de la climatisation dans notre voiture au risque d’accidents par coup de chaleur ou gêle des mains et des pieds, mais plutôt d’arrêter la fabrication de voiture consommant plus de 6 litres au cent…