De plus en plus nous sommes revenus à une lutte incessante pour la survie quotidienne. Les Français ont compris que le chômage pouvait les atteindre chacun dans sa vie quotidienne et tout bouleverser dans leurs attaches affectives à leur famille.Le salarié – 85 % de la population – vit dans l’incertitude de son avenir proche et encore moins à long terme. Le paradoxe est aussi que les banques ne se sont jamais si longtemps engagées pour des prêts d’acquisition de logement, et pourtant les familles sont totalement instables : divorce, chômage.Parallèlement les prisons se remplissent de plus en plus. Aux Etats-Unis cette politique de répression a augmenté en même temps que le libéralisme s’appliquait avec sa férocité. C’est dans classes les plus fragiles qu’on trouve le plus de sortis de la « norme ». Familles déshéritées sur plusieurs générations, marginaux des rues, sans domicile fixe, jeunes qui tiennent les murs produisent des délinquances : pas d’autres moyens que d’acheter les derniers modèles de baskets ou de téléphones portables que la publicité fait miroiter avec son art de provoquer des pulsions d’achat.Pas d’autres moyens pour ces petits délinquants que de se procurer l’argent indispensable aussi pour nourrir, habiller et loger la famille, les frères et les soeurs : pas de boulot, ou des boulots à la « petite semaine » de quelques heures ou de quelques mois sans avenir, sans le collectif d’un syndicat construit dans le cadre du travail.Et Sarkozy et d’autres ne préconisent qu’une solution : sévir, les mettre en tôle le plus tôt possible, voire supprimer les allocations, ce qui ne fait qu’empirer les choses.Les parents sont-ils responsables ? Certainement pour une part, mais la majorité de la faute revient aux entreprises qui méprisent ces jeunes, les exploitants au maximum ne leur proposant aucun avenir et l’Etat qui a déserté les quartiers populaires appelés dans le langage courant les banlieues.Il se trouve que cette nouvelle génération a une couleur de peau et qu’elle ne peut se fondre comme ont pu le faire les Polonais, les Italiens, les Portugais et autres origines européennes, en une ou deux générations, c’est bien plus qu’il va falloir malheureusement et il est donc plus facile de les désigner par le mépris, de les tenir à l’écart de la société : on peut les voir, les distinguer des autres et le racisme augmente. En plus ils ne sont pas chrétiens et l’incompréhension augmente les confondant avec les terroristes qui n’ont aucun rapport avec eux.Toutes les immigrations précédentes avaient une manière de vivre qui choquait : les Latins parlaient fort, les Polonais buvaient plus, etc… mais on a tout oublié