De gauche, jamais adepte de Cohn-Bendit, même pas en 68

Ce qui provoque ce billet est un sujet sur Mediapart Sitôt parti, Cohn-Bendit revient et veut négocier que je lisais en passant pour m’aider à m’éclaircir les idées sur les allées et venues de ce monsieur. Puis je lis les quelques commentaires et tombe sur :

Dany n’est pas un écologiste,je suis dans ce bain depuis 1968, il vote toutes les lois les plus libérales a Bruxelles,a part Bové,qui a voté contre le nucléaire,ce qui n’est pas le cas de Dany,j’ai tout les votes edifiant,,alors ,en Allemagne les verts sont aussi centre droit,point.

à quoi je réponds aussitôt :

que voilà une parole sensée.Les « jeunes » feraient bien de réviser l’histoire récente de la France.Je n’ai jamais supporté ce mec, même et surtout en 68. Rien n’a changé. Il est genre (je n’ose le dire) Sarko : ramener la couverture à lui. J’étais soufflée et n’en croyais mes oreilles à son annonce en substance « je me retire » que neni, j’avais raison. Il est toujours là et affirme toujours et encore son pouvoir.

puis on me répond :

En 68, on vous imagine très bien avec l’idole stalinienne Georges Marchais!Signé « Nous sommes tous des juifs allemands »

et moi à nouveau :

vous tapez à côté, j’étais dans ceux qui se faisait taper par les PC et la CGT plutôt ces temps-ci tendance PG. Avec donc un flippe si on doit discuter avec ce mec. Je préfère nettement Duflot ou Placé

A cette minute (4 heures plus tard) pas de réaction de mon contradicteur (ce qui ne veut rien dire en soi). Alors voici.Reprenant le propos de mon contradicteur je me dis qu’il s’est bien trahi. En effet il penserait qu’il n’y avait que deux camps bien tranché, ou plutôt trois :

  1. le camp des pour PC/CGT contre Cohn-Bendit
  2. le camp des « suiveurs » de Cohn-Bendit forcément contre les précédents, mais ne pas tout de même oublier
  3. le camp de la droite (bien sûr en simplifiant de la même manière, ce n’était pas si simple non plus de ce côté là)

Dans sa manière simpliste : les contre DCB étaient forcément tous méchants. La vie n’est jamais si simple.Je n’étais ni pour ni contre DCB mais pas avec, il était si loin de mon horizon. J’ai effectivement, comme la gauche, fait les manifs criant « tous des Juifs-Allemands ». Je défendais la démocratie, que les étrangers ne devaient pas prendre pour tous les autres (tiens des redondances de l’Histoire) qu’on appelle aussi des boucs-émissaires. Mes centres d’intérêts étaient tout autre :

  1. pas de chef attitré quel qu’il fut
  2. un collectif
  3. basé sur toutes théories de la tradition de la gauche que je continue à revendiquer (sans ordre) : l’anarcho-syndicalisme, Marx, Blanqui, Jaurès, Fourrier, Castoriadis, la 111ème République, Mendés-France, la resistance, la démocratie, l’égalité, la liberté, la fraternité, Vallès, Hugo, et tant d’autres. Surtout des morts, et une idéologie.

Ce que je reproche à Daniel Cohn-Bendit c’est d’avoir aidé à détourner ce que fut la gauche de ces années-là, il est loin d’être le seul dans ce cas. Mais il est le plus voyant et le plus bruyant depuis mai 68. Cela a aidé un Sarkozy à pouvoir en dire tout le mépris qu’il en a, tout en montrant sa méconnaissance totale de l’Histoire. Ce mouvement n’est pas né en mai 68 grâce à Cohn-Bendit, ni n’a vécu toutes les années 70 par lui, mais sans lui. Lui fut la figure qui arrangea bien la droite pour faire sa propagande, il se complaisait dans ce rôle. Il continue. Qui le suit ? pas les gens de gauche.

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