C’est le printemps, les brocantes reviennent. Elles s’éparpillent dans des villages minuscules ou des petites villes de moins de 3000 habitants. Je les fréquente depuis 20 à 30 ans, j’y fus exposante dans différentes occasions (essai du métier de brocanteuse années 90, puis pour ma survie durant les années 2000 pour juste ne pas crever, elles me permirent aussi d’être moins isolée).
Hier me voilà partie sur les routes. Le printemps donne une beauté au paysage qui n’est pas photogénique aussi je vous épargnerai. Le vert recommence à dominer, timidement encore, le marron et le gris s’estompent dans le paysage. Les vallons se montrent plus, les bourgeons des fruitiers commencent à s’ouvrirent pour montrer du blanc. Surtout ces verts sont légers, presque translucides, d’une gamme étendue, du vert penchant jaune au vert penchant noir (épicéas).
Arrivée proche des expositions on se demande des fois où ils se planquent. Curieux ils devraient être « en première ligne » alors qu’ils sont cantonnés vers le bout du village, derrière la halle, il faut tourner, virer, demander son chemin, non c’est à droite, puis à gauche après être passé sous le pont, enfin encore 500 m. et sur votre gauche… ils sont là dans la poussière, et le frisquet, car hier matin une chute de température (normale) après la hausse excessive du printemps 2011 à laquelle on s’habitue trop facilement, là s’était dans une petite ville.
Puis dans un village, la route y menant mal entretenue on se demande si il y a vraiment un village comme la pancarte l’indique au bout de ce truc plein de trous ou de raccommodages de bitume.
Point de regret là il y avait plus de monde que dans la petite ville. Finalement c’était moins zone car traversant le village de part en part. En plus de ces animations que je déteste mais peu importe mon point de vue les gens ils aiment : auto-tamponneuses, tires à la carabine, jus fluorescents qui tournent dans des machines, barbecues qui fument. De plus dans le précédent 1 saucisse dans un morceau de pain se vendait 11 €, trop cher, je leur ai dit, ils se foutent du monde. Là un pâté de pomme de terre pour 1 €, mais il fallait attendre, j’ai donc pris un hot-dog pour 3 €, saucisse pas terrible, mais qui cale.
Puis je traverse en cherchant mon objet d’intérêt : livres. Je les revends sur le net. Le délicat est de trouver des livres en bon état, pas best-sellers qui se revendraient pour moins que mon prix d’achat, des livres recherchés donc, j’avoue que ça demande une certaine culture… connaitre des auteurs, des éditeurs, des sujets. Ces livres se font des plus rares dans ces bric-à-brac de livres de France-Loisirs ou qu’ils ont depuis au moins l’arrière-grand-mère dans les greniers, ou qui ont vu tous les temps depuis plusieurs années de ressorties en brocantes (pluie, soleil, vent).
Cherchant je ne vois pas le reste. Et tant mieux car quand mon regard s’égare sur les étales c’est d’une misère, sans parler de la laideur. Vendent-ils 3 objets ? remboursent-ils leurs frais ? les acheteurs trouvent-ils ce qu’ils cherchent ? ou juste un truc qu’on revendra dans une prochaine brocante ?
Mon profit finalement c’est de me promener dans la campagne, j’ai bien du faire mes 2 à 3 heures de marche bien moins ennuyeuse que seule dans la campagne, d’avoir 3 mots d’échanges, des sourires, de l’humain… mais sans trop approfondir. Et je n’ai qu’une envie recommencer tous les dimanches.