Des changements profonds dans l’organisation et l’état de la France :
- un antagonisme était né entre la bourgeoisie qui s’est développée depuis la Renaissance et la paysannerie (ils siègent ensemble dans le Tiers état). La bourgeoisie possède des terres et perçoit des redevances sur les paysans auxquels elle les loue. Elle a pris de l’influence, possède des biens, est ambitieuse pour l’avenir, veut un progrès.
- la magistrature est devenue vénale. Les magistrats ne sont plus nommés par le roi, les charges devenues héréditaires ne sont plus achetées, la gratuité de la justice avait disparu. La magistrature détient un pouvoir intermédiaire entre la bourgeoisie et la noblesse. En même temps libérée de la royauté elle était devenue indépendante
- l’organisation fiscale est caractérisée par l’inégalité entre les sujets et la diversité des provinces : les impôts sont fixés d’après le lieu et la personne.
La Révolution française débute suite à une conjonction de faits (en France) :
- le siècle des Lumières – XVIIIe – qui vit éclore les penseurs Français : d’Alembert, Beaumarchais, Diderot, Montesquieu, Rousseau, Voltaire… et donna de très mauvaises idées à la population qui pourtant ne savait pas lire dans sa grande majorité, les nouvelles idées touchaient les lettrés (bourgeois, nobles)
- plusieurs mauvaises récoltes à cause du climat qui changea (1785, 1786, 1787), et amena des manques de pain par mauvaises récoltes successives du blé qui était la nourriture de base – souvent la seule – et devenait rare et trop chère
- le comportement de Marie-Antoinette qui fut sous mauvaise influences et voulait vivre selon sa norme apprise durant son éducation en Autriche, se sentait très seule en France avec un mari pas à la hauteur (Louis XVIe) ni en tant que mari ni en tant que roi. Elle fit pourtant des efforts pour s’intéresser à la politique… mais le régime était fatigué depuis Louis XIV.
- la maladresse de Louis XVIe qui se mêle de vouloir disperser l’Assemblée nationale qu’il avait convoqué
- la fierté nationale qui craint une action de troupes de l’étranger pour ce faire
Le tout ensemble était devenu explosif.
La détresse financière joua un rôle essentiel dans le déclenchement de la Révolution : mauvaise perception et inégalité, auquel on peut rajouter le gaspillage de la Cour, les guerres.La comptabilité n’était pas tenu avec rigueur. Cependant on peut voir dans les comptes les millions donnés aux nobles en pensions, gratifications, échanges de domaines onéreux pour le royaume ; achats de château pour la royauté (Rambouillet pour le roi, Saint Cloud pour la reine).La dette publique avait augmenté dans des proportions catastrophiques sous Louis XVI. Les intérêts absorbaient plus de la moitié des recettes de la royauté. La guerre d’Amérique obligea la royauté à avoir recours à l’emprunt dans des proportions excessives par impossibilité d’augmenter les impôts : par rapport à 1726-1741 augmentation des prix de 61 % et les salaires de 22 %, impossible de prélever plus sur le peuple. Pendant ce temps les revenus des biens fonciers avaient augmenté de 98 %.
Les classes privilégiées constituaient donc une matière imposable encore intacte ; on ne pouvait remplir le Trésor qu’à leur dépens. Encore fallait-il l’assentiment des Parlements peu disposés à sacrifier leurs intérêts privés. Mais quel ministre oserait imposer une telle réforme ? Albert Soboul
Par essais successifs des ministres tentent d’imposer la noblesse. Refus, opposition, rien ne peut aboutir pour assainir les finances de la France. Le Parlement refuse tout.Le roi convoque les Etats Généraux pour le 5 mai 1789 dans la salle du jeu de paume.Alors remonte depuis les campagnes des doléances qui provoquent de grandes discussions dans la population des campagnes (immense majorité du peuple Français), ces doléances étaient un espoir de se faire entendre par le roi et le royaume pour que les choses changent.Le Tiers état demande le doublement du nombre des députés le représentant. Le 17 juin 1789 le tiers état et quelques membres de la noblesse et du clergé se déclarent « Assemblée Nationale ».
Puis vu l’impossibilité de trouver des accords « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous ne partirons que par la puissance des baïonnettes», face à la résistance du Tiers état, soutenu par le bas clergé et une cinquantaine de nobles, le roi invite, le 27 juin les trois ordres à débattre ensemble … puis parle de dissoudre (en faisant appel si besoin de troupes de l’étranger) à la vue de la discorde et du désordre dans l’Assemblée.Le 14 juillet 1789 le peuple Parisien « prend » la Bastille qui était surtout un symbole de la royauté et de son pouvoir. … à suivre…
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Ces articles et d’autres à suivre sur le 4 août 1789 sont inspirés par Albert Soboul, historien marxiste, qui travailla toute sa vie à la Révolution française. Il est rattaché au courant des Républicains Jacobins comme : Louis Blanc, Alphonse Esquiros, François Furet, Jules Michelet, Edgar Quinet. Ce courant prend la Révolution française dans son ensemble sans en rien retrancher qui remettrait l’ensemble en cause. Je rajouterai que l’Histoire en général forme toujours un tout : ses avancées, ses excès, ses retours en arrière, c’est de ce tout qu’il faut tirer des leçons pour l’actualité et le futur.