Ceci est un extrait d’un article paru dans un blog de Mediapart, et reproduit sur le site des Économistes Atterrés. Je laisse la longue introduction qui explique les deux choix que tous les médias et gouvernements nous ont assénés, qui pour l’un exige de la population une plus grande austérité encore, et l’autre de sortir de l’euro et revenir au drachme qui ferait monter les dettes vertigineusement.
Il existe bien une troisième voie. C’est d’ailleurs cette même voie qu’il serait indispensable à prendre autant pour l’Italie que pour la France, ou tout pays d’Europe où les agences de notation gouvernent à la place des gouvernements élus. Cette solution est :
rester dans la zone euro en désobéissant aux règles de l’euro
en voici les détails techniques (simples et compréhensibles rassurez-vous)
le gouvernement (…) enjoint à sa Banque centrale d’émettre des euros, pour recapitaliser les banques et pour contribuer à financer le déficit public. Celui-ci sera d’ailleurs fortement réduit du fait de la suspension du paiement de la dette, et pourrait l’être davantage, dans le cas grec, si les citoyens cessaient de fuir l’impôt.
Cette fuite s’est récemment aggravée du fait de l’injustice des politiques d’austérité: mais des mesures rigoureuses à l’encontre des gros fraudeurs, une réforme fiscale progressiste et un sentiment d’équité, de légitimité démocratique et de dignité nationale retrouvée contribueraient sans doute fortement à restaurer le consentement à payer de la grande majorité de la population grecque.

Restaurer une souveraineté démocratique nationale sur la création monétaire en euros ne pose peut-être pas de grands problèmes techniques à court terme, mais il en va bien sûr autrement au plan politique.
Les dirigeants européens tenteront de dresser les opinions publiques contre les «faussaires» qui fabriquent des euros pour éviter les sacrifices et se prélasser sur le dos des pays vertueux. Des représailles seront mises en œuvre, même si le traité de Lisbonne ne prévoit aucune possibilité d’exclure un pays de la zone euro.
On menacera le peuple désobéissant d’un boycott économique total. Mais l’Union n’aura plus l’arme de la dette.
Et un discours résolument pro-européen, tourné vers la démocratie, la justice sociale et environnementale, trouverait un écho considérable auprès des autres peuples européens eux aussi soumis à l’arbitraire des agences de notation et aux politiques d’austérité. Un effet-domino, progressiste celui-ci, pourrait alors gagner d’autres pays.
La gauche européenne doit refuser le pseudo-choix entre l’austérité et l’éclatement de la zone euro.