Manif contre la rédution de 25 % des salaires métallurgie, Montupet, Indre

C’est le même groupe, que celle, plus connue, du Poitou : Fonderie du Poitou Aluminium, le groupe Montupet. Comme dans le Poitou on « propose » aux salariés la réduction de 25 % de leurs salaires. Cette boîte fourni Renault. Ils veulent délocaliser alors que ça n’a pas de sens puisque le travail est une sous-traitance de Renault. Les patrons ont commencé à démonter les machines. Malgré la demande du CE, devant le Tribunal de Grande Instance de faire constater ce délit, le rendu du juge, après audience du 22 septembre, se fera le 5 octobre, le démontage sera fini à ce rythme avant ce rendu.

Une manif s’est rassemblée hier le 29 septembre et a remporté un succès. De partout on a vu des militants venir soutenir les salariés : Sarthe, Renault, métallurgistes d’ailleurs, et d’autres, sont venus soutenir cette lutte. Elle se situe dans une zone industrielle. Les gendarmes ont bouché l’accès en voiture, on s’est donc rendu à pied. Pas de son sur les photos, et pourtant on pouvait entendre les pompes, les hauts parleurs.


Sur le blog de JL Mélenchon, qui a visité celle du Poitou en septembre, voilà comment il explique l’affaire

La direction de la Fonderie du Poitou Aluminium, menace d’un plan social l’ensemble des salariés qui refuserait le « plan de compétitivité » présenté le 15 juillet dernier. Que dit ce plan ? Pour conserver leur emploi, les ouvriers doivent accepter une baisse de 23% de leur salaire. Les cadres et techniciens eux doivent renoncer à 14 jours de RTT et accepter que cinquante d’entre eux soient transférés vers d’autres sites en France et à l’étranger. On se souvient que pareil chantage fut servi aux « Conti » et que l’accord trouvé en 2007 fut violé deux ans plus tard par l’annonce de la fermeture de leur usine. Depuis le 2 septembre, à l’appel des quatre syndicats de l’entreprise, 95% des salariés sont en qui travaillent à la Fonderie. Trois milliards et demi de bénéfices pour Renault l’an dernier, ce n’est pas compétitif ? Car l’usine d’Ingrande-sur-Vienne est historiquement liée à Renault. Aujourd’hui elle fabrique des culasses pour moteurs automobiles et 80% de sa production est destinée à Renault. Mais surtout, c’est Renault qui a créé le site en 1979. L’évolution de ce fabricant de pièces détachées au sein de la filière automobile est bien caractéristique des ravages de la compétitivité à tout crin. En 1998, l’Etat devient minoritaire dans Renault qui, deux ans plus tard, vend sa filiale d’Ingrande à Fiat, qui revend à un fond de pension allemand. Jusqu’en 2009 où l’usine est rachetée par Montupet, gros équipementier automobile qui emploie 1700 personnes dans le monde. Son PDG a touché discrètement 1,2 millions de dividendes quelques semaines avant l’annonce du « plan de compétitivité ». Ce grand « compétitif » s’y connaît, les trois principaux actionnaires du groupe aussi, qui ont leur domicile fiscal en Belgique. Entre 2009 et aujourd’hui, 195 postes ont disparu, moitié des CDI, moitiés des contrats intérimaires. Comment va la compétitivité ? Le chiffre d’affaires de Montupet a augmenté de 30% au premier semestre 2011 par rapport à l’an dernier. Mais Renault, selon Montupet, conditionnerait de nouvelles commandes à une baisse des coûts. Oui, Renault, l’entreprise dont l’Etat ne possède plus que 15% du capital mais qui a reçu 4 milliards d’euros d’avance remboursable de l’Etat en 2009. Qui a profité de centaines de millions d’euros de primes à la casse. Et économisé encore grâce à la suppression de la taxe professionnelle. La chaine de l’abus de pouvoir semble sans fin. En tous cas elle est sans vergogne.

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