Voilà bien la question que je me pose depuis plusieurs mois. Et pourtant je suis féministe depuis plus de 45 ans, alors que m’arrive-t-il face à Ségolène ?
Bien que les sondages en sa faveur baissent depuis quelques jours, elle est à la hausse depuis plus d’un an et moi je ne suis pas du tout !
Etant dans les militants actifs du non (de gauche) à la Constitution j’ai d’abord dans l’oreille le mépris qu’elle afficha pour les gens comme moi qui d’après elle (et plein d’autres) n’étaient que des imbéciles qui ne comprenions rien, ne savions pas lire, etc… il se trouve que justement c’était en fait le contraire : j’avais comme tant d’autres militants épluché le texte en long en large et en travers, analysé, écouté, lu les pour et les contre, et bien souvent nous les non constations que c’était en fait le contraire : les critiques n’étaient pas assis sur le réel du texte mais sur l’idée qu’ils avaient ancrée au corps : une Europe à tous les prix. Et là nous nous séparions. Nous voulions l’Europe mais à certaines conditions : de la démocratie, un parlement avec quelques pouvoirs, un euro fixé politiquement et non par des technocrates, une politique économique non inscrite dans des textes (vous connaissez beaucoup de Constitution contenant le programme économique obligatoire à tenir pour les 50 ans à venir ?)…
Alors les insultes de la Ségolène je les ai pris au premier degré pour moi personnellement, déjà ça partait mal entre elle et moi !
Puis vers décembre 2005 après le Congrès du PS, elle affirma que l’histoire de la Constitution n’était qu’une affaire du passé qu’il fallait tout oublier. Là encore je me demandais si elle aurait voulu oublier nos désaccords et arguments si jamais le oui était passé.
Puis elle commença à apparaitre dans les journaux people, très peu pour moi. Elle fit sa campagne dans le PS. Ses arguments me paraissaient sans consistance surtout axés sur le fait qu’être femme c’est mieux pour le futur de la présidence française.
Alors non, non, non. Si je suis féministe c’est totalement ! Nous les femmes sommes aussi bonnes ou aussi mauvaises que peuvent être les hommes. Je revendique la même capacité à avoir atteint le seuil d’incompétence.
Et parallèlement tous les journaux de gauche, les militants de gauche, les sondages la mettaient aux nues. Je me sentais bien isolée et naquit en moi une culpabilité assortie de cette question : suis-je anti-féministe ? Et je cherchais qu’elles étaient les femmes que je tenais en haute estime : Beauvoir, Tillon, Mead, Badinter, Antigone, Dolto, Chabot, Veil, Kristeva, Claudel, Friedan… j’arrête la liste qui est en fait impossible à faire dans sa totalité tellement elles sont nombreuses ! Alors peu parmi elles ont eu un pouvoir politique sinon Veil et, journaliste politique, Chabot que j’écoute dans sa capacité depuis bientôt 40 ans ! (et pourtant en désaccord politique)
Je ne suis que demi-rassurée sur mon inconscient qui viendrait me jouer une mauvaise farce !
Non je ne voterai pas Royal ni au premier ni au deuxième tour : elle n’a aucun argument politique et/ou de programme et/ou de stature personnelle qui pourrait me faire changer d’avis à ce jour…