
On peut se demander si les prochaines élections présidentielles françaises vont avoir les mêmes usages qu’aux Etats-Unis, c’est ce qu’on nous promet, sauf que nous avons une loi (guère appliquée, voir l’affaire Woerth-Bettencourt) qui ne prévoit pas le genre de publicités qu’ils ont chez eux.
Cette campagne étasunienne m’a fait froid dans le dos tout au long. Nous avons entendu, d’après ce qu’on nous a laissé entendre en France, tous les arguments populistes – dirions-nous chez nous – possibles.
La pratique des tea-party fait référence à de vieilles lunes datant de l’époque de la conquête du territoire avec tous les moyens cruels et racistes contre les Indiens qui étaient montrés comme féroces : on attribue à l’autre ce qu’on fait soi-même !
De plus cette conquête ne fut jamais que la lutte qui s’est mise en place au Néolithique : cultivateurs contre nomades qui
- soit élèvent des animaux allant de pâturages en pâturages (pas de la « culture et élevage » il ne s’agit pas ici de l’élevage en étable !)
- soit des chasseurs-cueilleurs (un peu comme les Roms) qui eux aussi ont besoin (comme dans les forêts vierges, ou territoires peu habités, comme les Indiens d’Amazonie) de trouver toujours de nouvelles terres riches en chasse, pêche, cueillette.
C’est un sujet qui fut d’actualité encore récemment à l’occasion de la chasse des Roms de France, j’avais déjà à ce moment pensé faire un article dans ce sens, l’occasion des élections des Etats-Unis le garde en actualité. Dirions-nous que nous, les stables, n’en avons jamais fini avec les nomades ? C’est une chose que je vis depuis toujours dans ma vie, car je « ne tiens pas en place » toujours avide de savoir ce qui se passe « de l’autre côté du mur », avide de liberté, d’autres relations humaines ailleurs, d’autres cultures, d’autres manières d’appréhender la vie. L’humanité est d’une richesse infinie. Les cultivateurs, immense majorité de l’Humanité, ne voient que 10 km alentour, en connaissant chaque centimètre carré, sans aucune curiosité, persuadés que leur mode de vie est la bonne, tout autre étant dangereuse et à combattre par tous moyens.
On le voit en œuvre au Brésil, en Argentine, en Amérique du Sud où il reste encore des terres sans propriétaires attitrés. Il est pris d’office aussi en Afrique (aussi du nord contre les Touaregs) des terres par les gouvernements (Mali), demandant à des gens qui sont là, s’étant stabilisés un peu par hasard et récemment, leurs titres de propriétés qu’évidemment ils n’ont jamais possédés, les états n’ayant pas institués la paperasserie à temps.
Les cultivateurs sont des gens attachés à une tradition qu’ils pensent de toute éternité, n’ayant aucune notion de la temporalité, de la non permanence des cultures. On le voit par ces temps de mondialisation où tout est remis en question.
Ils prêchent la liberté. Liberté du possédant contre le non-possédant. Liberté du riche contre le pauvre. Liberté de s’approprier le fruit du travail de l’autre (actionnariat et finances mondiales).
Ces gens sont attachés à des principes de vie rigides, comme la bourgeoisie française tout au long du XIXè. Nous n’en n’avons donc toujours pas fini, alors qu’on nous prêche par ailleurs la mobilité. Pour qui ? de mon temps on parlait d’instabilité, ce léger déplacement de vocabulaire en a changé toute la donne.
J’aurais des pages et des pages de développement à faire sur ce sujet, mais il faut bien mettre un terme à un modeste article de blog (et ça m’arrive souvent).