À quoi nous servait l’inflation les années du miracle français ?

Tout simplement à remonter le moral des ménages.Ce qui est nommé le miracle français c’est notre basculement d’une économie majoritairement basée sur l’agriculture vers une économie industrielle ; on l’a appelé « miracle » sans doute parce que personne n’en croyait la France ou son économie capable. Ce décollage s’est fait durant « les trente glorieuses », il est remarquable que le vocabulaire de l’époque était largement plus réjouissant que celui employé actuellement qui est aux antipodes. Actuellement nous ne sommes plus que des nuls…ce qui est totalement faux d’ailleurs car la France n’a jamais produit autant de richesse (2 mille milliards par an), c’est du côté de la redistribution que ça pèche.Effectivement épargner ne servait à rien. Je me souviens que les taux de mon livret devait se situer autour de 12 % pendant que l’inflation tournait autour de 14, si bien que je me disais que je ne perdais que 2 % sur mon épargne.Mais côté des salaires c’était tout autre chose. Les salaires (au sens large, retraites, prestations sociales comprises) étaient ajustés sur l’inflation (belle époque, maintenant ils ne sont même pas ajustés sur notre inflation de 1 à 3%, si bien que le pouvoir d’achat baisse insidieusement) en y rajoutant quelques pourcentages supplémentaires, et ceci dès le mois de janvier et répété le plus souvent en juillet.Les Français savaient donc que leur pouvoir d’achat montait. Qu’en plus il fallait mieux dépenser, consommer, s’équiper. La modernité rentrait dans les foyers (quand ma mère me parlait de robot ménager durant mon enfance je voyais des robots au sens propre à allure humaine mais en métal), la femme se « libérait » grâce à Moulinex. Ce fut aussi le début du tourisme de masse, chacun pensait aller faire un tour du côté des Iles Baléares, la Grèce ou du Maghreb.L’inflation était très utile donc, tout le monde se plaignait contre, on ne savait pas que la réduire ferait une recession, ce qu’on vit maintenant depuis une trentaine d’années. L’Euro ne pense qu’à ajuster les budgets, en fait réduire les dépenses publiques (qui sont largement redistributives et source de richesses pour tout le pays tout entier et pas une petite minorité).Vers la fin de cette belle époque il y eu une révolte avec grève de 10 000 millions de salariés durant le mois de mai/juin 1968. Nous pourrions bien avoir une révolte qui serait bien plus forte, plutôt une sorte de révolution… mais en ces temps d’individualisme forcené les gens ne semblent plus capables que crier contre ceux qui causent devant leur télé.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.