Années 1970 controverses contre et pour l’avortement avant la loi Simone Veil

Le Conseil National de l’Ordre :

Je me demande quel legislateur oserait inscrire dans un code civilise l’euthanasie systematique des embryons sous le seul pretexte qu’ils pourraient naitre mal formes […] de plus, si l’on faisait une exception a cause de l’angoisse maternelle, ce serait le premier pas vers l’avortement therapeutique pour raison d’ordre psychique ou cas sociaux (viol, inceste), que la loi francaise interdit […] maintenir l’ethique de la medecine reposant sur le respect de la vie de l’individu des la conception. […]qu’on se souvienne de la medecine nazie […]

Professeur Paul Milliez :

Je suis alle a Bobigny sans plaisir […] il est temps que les Francais soient bien conscients des centaines de milliers d’avortements clandestins qui sont realises chaque annee dans notre patrie. Il est temps que les bons chretiens apprennent que, parmi leurs femmes et leurs filles, il en est qui n’hesitent pas a se rendre dans des pays voisins pour supprimer un enfant non desire. Il est indispensable aussi que chacun comprenne qu’il revient aux femmes de choisisr la date de leurs grossessses. Il faut developper la contraception et parvenir a la maternite desiree et heureuse.L’avortement n’est jamais la solution, mais dans un pays sous-developpe [1. sic, car autour de la France, en Europe et dans le monde, dans le meme instant il en est tout autrement des les annes 1950] comme le notre, pour les femmes modestes, l’avortement est actuellement, dans beaucoup de cas, la seule issue possible. Il faut etre riche ou extremement vertueux pour raisonner autrement.

Le 5 avril 1971 paraissait dans le Nouvel Observateur « Le manifeste des 343 salopes » :

1. Je ferai un enfant si j’en ai envie, nulle pression morale, nulle institution, nul impératif économique ne peut m’y contraindre. Cela est mon pouvoir politique. Comme tout producteur, je peux, en attendant mieux, faire pression sur la société à travers ma production (grève d’enfants).2. Je ferai un enfant si j’en ai envie et si la société dans laquelle je le fais naître est convenable pour moi, si elle ne fait pas de moi l’esclave de cet enfant, sa nourrice, sa bonne, sa tête de Turc.3. Je ferai un enfant si j’en ai envie, si la société est convenable pour moi et convenable pour lui, j’en suis responsable, pas de risques de guerres, pas de travail assujetti aux cadences.

Le 8 novembre 1972, un proces qui restera dans l’histoire de la loi de 1920, sous le nom de « Proces de Bobigny » a fait eclater publiquement le debat. Il s’agissait de Marie-Claude, avortee agee de 17 ans, les antagonistes se sont affrontes dans le pretoire, notamment par la bouche du professeur Milliez.Le 18 novembre 1972, le Conseil de l’Ordre des Medecins rappelait : « qu’aucune derogation ne saurait etre admise au principe de la vie, base de notre civilisation plurimillenaire bien anterieure a l’instauration de la seule morale chretienne »Le 5 fevrier 1973 le Nouvel Observateur publiait un manifeste de 330 medecins francais s’accusant d’avoir pratique des avortements.

La loi legalisant l’avortement est vote en France le 17 janvier 1975, apres un travail de fond de Mme Veil et un discours qui frappa les esprits ; la loi garde son nom en son honneur.

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