Arrêt sur Images nous éclaire le buzz d’un jour nouveau : Marine Le Pen visait sont concurrent Bruno Gollnisch qui, comme son père, s’en prend toujours et encore à la seconde guerre mondiale… et tous les médias – le net en particulier – l’ont interprété comme une nouvelle sortie anti-musulman :
Que s’est-il passé ce vendredi soir 10 décembre, dans le restaurant lyonnais où Marine Le Pen battait l’estrade devant des militants ? Tous les médias ont retenu sa phrase sur l’Occupation, y voyant un clin d’œil évident aux dérapages passés de son père sur la Seconde guerre mondiale. Pourtant, raconte Germain Treille, la « dizaine de journalistes » présents n’ont pas particulièrement remarqué cette phrase lorsqu’elle a été prononcée. Seule l’AFP en a fait une dépêche, dans la nuit de vendredi à samedi. « Et dès le samedi matin, la machine politico-médiatique était lancée », raconte le journaliste, qui explique que c’est sa rédaction en chef qui lui a demandé d’extraire en toute urgence la petite phrase de son magnétophone.Et pourtant… Comme le soulignent avec conviction nos deux journalistes invités, Marine Le Pen n’a pas fait de parallèle explicite entre les prières de rues et l’occupation allemande. « En fait, elle vise directement Bruno Gollnisch et ses propos négationnistes », décrypte Christophe Forcari. Sur les terres de son concurrent à la direction du FN (le vainqueur sera déclaré mi-janvier lors du congrès de Tours), « elle dit : plutôt que de revenir là-dessus, de savoir si les chambres à gaz ont existé ou pas, parlons des « vrais » problèmes ». Daniel est ébahi que cette « pique anti-Gollnisch » ait pris de telles proportions… même dans Libé, qui en a fait sa Une, alors que Forcari y était réticent.Les condamnations unanimes ont pourtant négligé l’éventualité que les mots de Marine Le Pen aient été mal interprétés. Chacun, journaliste ou responsable politique, y est allé de son commentaire, occupant tout l’espace médiatique durant plusieurs jours… pour le plus grand plaisir de la principale intéressée, qui n’a pas manqué de multiplier les nouvelles déclarations pour alimenter la machine. François Kalfon, même s’il salue les réactions « pondérées » de ses camarades, souligne que cette cacophonie médiatique « fait passer le débat à côté de vrais enjeux » : « si on reste simplement dans la morale, on passe à côté du changement de structure et d’électorat du FN ». Le « M. sondages » des socialistes indique, chiffres à l’appui, que la société française est de plus en plus « tolérante », et que l’électorat du parti d’extrême-droite n’est pas à chercher parmi les racistes, mais surtout dans les zones désindustrialisées en France… « Le FN est passé d’une opposition Français/étrangers à un clivage gros/petits », assure-t-il. « Marine Le Pen parle désormais de « vivre-ensemble » et de défense de la laïcité », des valeurs traditionnellement de gauche, confirme Forcari.Question piège de Daniel : « Êtes-vous capable de dire dans combien d’endroits en France ce phénomène de prières dans la rue se produit ? » Bien sûr, personne ne le sait exactement. « Je me suis battu pour qu’on n’en fasse pas trop sur le dérapage sur les antennes de France Info ; j’ai perdu ce combat-là », reconnaît Treille. Et si finalement, ceux qui avaient le mieux compris la stratégie à adopter étaient les Guignols de l’info de Canal+ ? Plusieurs jours d’affilée, ils ont mis en scène un PPD absolument imperturbable face aux déclarations choc de Marine le Pen. Il est vrai que le gouvernement est déjà allé loin dans la provoc…