Le carré de pelouse de la place Syntagma d’Athènes où un septuagénaire a mis fin à ses jours mercredi en invoquant la crise traversée par le pays n’en finissait pas jeudi de se couvrir de messages, fleurs, bougies et d’attirer de nombreux Grecs attristés ou révoltés.
Un grand cyprès s’est transformé en lieu de pèlerinage (…) Simple feuille arrachée d’un carnet ou pancarte grand format, les messages expriment douleur et indignation: ce n’est pas un suicide, c’est un crime d’Etat, tué par la dictature des créanciers, son sang sur vos mains, traîtres, pas d’élections, révolution, peuple, réveille-toi, aux armes.
Pour Eleni Salabas, une infirmière : cet homme ait fait ça pour le peuple grec, pour nous libérer de l’esclavage. J’espère qu’une solution sortira des élections ou ce sera la révolution.
Ioanna Konstantinidi, une étudiante: Il faut que les gens réalisent ce qu’il se passe (…) et que c’est une révolution qu’il nous faut pour tout changer dans ce pays.
Le pharmacien à la retraite de 77 ans s’est tiré une balle dans la tête mercredi matin sous les yeux des passants sur la place Syntagma emblématique de la capitale grecque et des manifestations qui secouent le pays depuis le début de la crise en 2010, à quelques mètres du parlement.
Dans une lettre manuscrite retrouvée sur son corps, il accuse le gouvernement de l’avoir privé de ressources, l’assimilant à l’exécutif mis en place par les occupants nazis en 1941.
Le gouvernement d’occupation… a littéralement anéanti ma capacité à survivre grâce à une pension pour laquelle j’ai cotisé pendant plus de 35 ans, Je ne trouve pas d’autre solution pour en finir dignement avant de devoir commencer à faire les poubelles pour me nourrir, écrit-il encore.
Militant de gauche, il ne semblait pas endetté mais avait vu sa retraite diminuer, comme tous les Grecs, sous le coup de l’austérité imposée au pays.
Mercredi soir, un rassemblement spontané a réuni au moins un millier de personnes et s’est conclu par des incidents avec les forces de l’ordre.
(©AFP / 05 avril 2012 16h25)
source Romandie
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Cela s’est passé mercredi 4 avril en plein centre d’Athènes, en face du parlement: un retraité âgé de 77 ans s’est suicidé, poussé à bout sous le poids des obligations financières, comme il l’a indiqué dans une note expliquant son geste. Ancien pharmacien, il s’est tiré une balle dans la tête. Le pays est sous le choc.
«La manière dont il a décidé de mettre fin à ses jours est une déclaration de prise de position politique. S’il s’était suicidé chez lui, cela n’aurait pas fait tant de bruit, comme cela fut le cas pour les 1900 suicides précédents. Il s’agit d’un événement que nous devons considérer avec de nombreux autres cas de suicides dans notre pays, le pays du rire et du soleil», a déclaré le président de l’Association des Pharmaciens d’Attique, Costas Lourantos. «Il avait le choix entre mendier ou mettre fin à ses jours, a-t-il poursuivi. Il a choisi la deuxième solution, car sa dignité ne lui permettait pas de vivre dans la mendicité.»
Parmi les nombreuses réactions des responsables politiques, le premier ministre, Loucas Papadimos, a indiqué, dans un communiqué, qu’«il est tragique qu’un de nos concitoyens ait mis fin à ses jours. Dans ces moments difficiles pour notre société, nous devons tous, gouvernement et citoyens, soutenir les personnes à côté de nous qui se trouvent dans la détresse».
Les deux grands partis de coalition, la Nouvelle démocratie et le Pasok, ont exprimé leur émotion, ce qui leur a été reproché par certains de leurs adversaires politiques. «Honte à eux. Les complices de la souffrance et du désespoir du peuple grec (…) devraient au moins se taire face aux terribles conséquences de la crise du capitalisme et de leurs politiques», a ainsi déclaré le parti communiste KKE.
souce Mediapart
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