L’espoir du Front de Gauche quand on est de gauche depuis 50 ans

50 ans ça fait peur, un demi siècle. J’ai beaucoup donné, jamais assez, on se dit souvent qu’on aurait pu plus, exigeant avec soi-même, le collectif est essentiel, seul/e on ne peut rien, ce qui n’empêche qu’on le fasse quand même à son petit niveau de rencontres, relations, croisements. Des fois aussi les difficultés de la vie empêchent qu’on se donne au collectif, il faut bien vivre ou survivre. Et toujours dans ces situations là on est seul.

  • seule face au budget qui passe pas
  • seule face aux organismes divers qui demandent des tas de papiers
  • seule face à nos droits qu’on ne connait pas en fait
  • seule face aux soucis qu’on ne communique pas par pudeur, par dégoût de la plainte
  • et là le collectif vers lequel se tourner n’est pas politique, il est de charité : Croix Rouge, Restau du Coeur……
  • comment faire autrement ?

Il y eut 2005, une campagne magnifique, les sociaux démocrates nous ont ignoré. Eux sont dans le sociétal. Nous on est dans le rationnel de la vie à gérer, difficilement, le quotidien est prégnant. Ils n’en connaissent rien.

C’est une des choses curieuses des sociaux-libéraux c’est qu’ils nous pensent idiots, sans culture. Quelle erreur. La gestion nous on connait au quotidien, chaque euro est compté, chaque service public qui disparait nous le vivons dans notre chair.

Mais eux ont les médias, les journaux people, les journaux qui se disent de gauche : nouvel obs, Libération, Le Monde, quelle tromperie, les chaines télé qui nous rabâchent que le libéralisme c’est la liberté et que nous n’y comprenons rien, que nous devons nous faire une raison… ils sous-entendent qu’on doit se résigner au chacun pour soi que le plus fort gagne.

La nouvelle donne ne nous serait pas compréhensible : c’est le monde ouvert, la mondialisation, c’est le tous contre tous. Dans ce jeu ce sont toujours les petits qui perdent, jamais les gros qui eux s’engraissent.

À cette tromperie beaucoup s’y font laissé avoir, j’en fus un temps. Comment ne pas succomber à une propagande qui nous laisse entendre que la lutte des classes est terminée, que maintenant tout est paix entre tous ? Alors on se replie sur soi, on se pense l’exception, le voisin n’en dit pas plus sur lui, chacun dans sa case pense qu’il est l’exception et s’en culpabilise, s’en replie davantage.

C’est en ça que la campagne de 2005 nous a fait à nouveau nous rassembler. Quoi nous étions si nombreux à vivre et penser pareil et nous ne le savions pas ? Le mouvement contre la réforme des retraites en a remis une couche.

Quand j’ai pris connaissance du Front de Gauche, de ce qu’ambitionnait Jean-Luc Mélenchon et d’autres, dans la difficulté de l’alliance, de la cohérence, entre partis politiques qui ne luttaient plus, d’autres qui se réveillaient, d’autres qui se ralliaient, d’autres qui n’osaient pas l’unité, j’y alla sur la pointe de pied. Un peu peur de la désillusion, et espoir quand même, alors essayons.

Et voilà qu’au fil des jours, dans un vent contraire fait par les médias et les biens pensants, nous gagnons de porte en porte, de coeur en coeur. 15 % à ce jour. Et possibilité que ce soit bien plus potentiellement. Avec la joie que le Front National recul. Enfin. La raison gagne.

Nous avons une histoire, nous nous sommes battus depuis des siècles et nous devions laisser tomber tout ça, l’oublier ? Il n’y a plus d’histoire nous disaient-ils, les jeux sont joués pour toujours, la lutte des classes n’existe plus, les combats d’antan sont démodés, la lutte pour l’égalité, la liberté, la fraternité passée de mode.

Quelle propagande.

Nous sommes à nouveau rassemblé et les montagnes à surmonter, ensemble nous le pouvons.

Et 50 ans plus tard rien n’a changé sur le fond.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=ZYHN9Of3uDY[/youtube]

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.