Attali prône l’union nationale contre la démocratie

C’est passé assez inaperçu au milieu des controverses contre le couple Merkel/Sarkozy, la peur des agences de notation, de la BCE qui est toujours fixé sur « pas d’inflation » alors qu’on en est déjà à la déflation…

Et pourtant j’avais bien entendu ça quelque part mais par qui et à quelle occasion j’avoue que, comme les médias n’y ont pas prêté plus attention, j’avais oublié. C’est Mediapart qui me le remet en mémoire en en précisant l’origine.

Pourtant quand j’avais entendu l’expression « union nationale » je n’avais pas manqué de sauter sur mon siège. Pour moi l’Union nationale est un mot d’ordre quand la guerre est aux frontières du pays, dans ce cas les pacifistes et les guerriers doivent, ensemble, s’armer pour crier d’un même coeur « sus à l’envahisseur ».

Alors ce mot d’ordre m’avait fait me demander : est-ce que les agences de notation, les banques, la Banque Centrale Européenne, sont des envahisseurs ? En quelque sorte oui. Cependant m’étais-je dite dans le même instant : personne sur le territoire n’est d’accord sur la stratégie à employer vis-à-vis d’eux.

Certains, qui sont au gouvernement actuellement, seraient pour se les concilier au mieux, les charmer en quelque sorte, et même tout faire pour leur plaire en leur accordant tout ce qu’ils demandent. D’autres ne sont pas fixés. D’autres encore se battent avec les armes qu’ils ont contre depuis l’année 2005.

Alors en effet ma comparaison avec la guerre était bonne puisqu’on demande aux pacifistes de s’accorder avec les guerriers. Mais les guerriers sont le peuple, ce qui n’est pas toujours le cas. En 14 Jaurès était de ceux qui se déployaient pour la grande alliance des peuples contre les faiseurs de guerre voulue par les industriels et financiers qui savent qu’une bonne guerre met tout par terre et qu’après l’économie re-part de plus belle… et tant pis pour les morts. Ici c’est l’inverse. C’est de Valmy dont il s’agit.

Ici nous avons ceux qui se couchent face à ceux qui ont déjà commencé la guerre contre les peuples, et les peuples qui ne savent plus vers quel « sauveur » se tourner, la propagande étant tellement bien faite pour démontrer que les traitres sont les « bons ».

Et voilà où se place Attali. Il voulait entamer l’air de l’union nationale pour étouffer au maximum le grand débat national qui a peine à se faire en vue des présidentielles d’avril 2012. Tout ça est bon à mettre au panier, le mieux étant que « ceux qui savent » doivent décider sans demander à ce bas peuple. Démocratie et Suffrage universel… qu’on mette tout ça au panier.

Le tout s’est passé dans le cadre de la Commission Attali, ou Commission pour la libération de la croissance française, qui s’était achevé depuis 2010 (date du dernier rapport) mais qu’il voulait réactiver. Pour cela il s’adressa aux membres de l’ex-commission le 3 décembre 2011 pour obtenir d’eux un accord sur un texte qu’il leur soumis :

L’Europe est aujourd’hui au bord d’un gouffre. Elle peut poursuivre sur sa lancée, et s’y précipiter à vive allure. Le scénario de cette course folle est écrit d’avance et bien connu, mais semble, paradoxalement, être négligé pas tous ; comme si, à force de l’entendre se répéter, les Européens se trouvaient plongés dans une anesthésie, une indolence dont l’idée du naufrage elle-même ne suffit plus à les sortir. La maison brûle, et tout le monde constate, impuissant, le désastre en cour.

En France, avant même le début de la campagne électorale, une véritable « union nationale » doit être construite autour d’un objectif : la définition, sur un horizon pluriannuel, de cibles de déficit que les partis de tout bord s’engageront à respecter – tout en se réservant bien entendu la possibilité de proposer des méthodes alternatives pour les atteindre.

Attali est un utopiste partisan des manières fortes. Si vous avez des doutes regardez cette vidéo de France24.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.