Comment la virginité a pu détruire une vie, la mienne

Ceux qui me lisent auront pu remarquer que je n’ai accusé quelque religion que ce soit dans mes articles sur l’affaire de la virginité de la mariée, à cela il y a une cause, mon vécu.J’avais suivi le catéchisme, j’avais fait ma première communion, j’allais à la messe le dimanche matin, j’arrêtais au seuil de l’adolescence, crise de croyance… définitive, du à l’événement de la conversion de ma soeur aînée à la religion protestante. Elle avait été mon guide, mon exemple impossible à suivre : levée le matin 6h direction messe, pèlerinage de Chartres, et elle changeait pour cette religion qui était considéré à l’époque comme renégate [en exergue la photo de Saint Nicolas du Chardonnet, siège des Catholiques intégristes de Paris].Née en décembre 1941, vers 18 ans je décidai de me débarrasser de ce que je considérai comme une sorte de marque de la féminité incompatible avec mon état de jeune fille… le mot liberté n’était pas encore intégré dans mon vocabulaire, l’hymen était comme une valise lourde que je voulais déposer.Je tiens à rendre hommage à tous les garçons avec qui je flirtais, encore vierge, des heures durant sur des lits, sans que ceux-ci n’aient jamais eu un geste qui dépassa ma figure. La garde de la virginité des filles était totalement intégré dans les moeurs de tous.Ma démarche de me séparer de ma virginité était toute rationnelle, pas de flirt, pas d’amour à l’horizon proche. Je vous passe tous les détails de la recherche d’un volontaire…Un jour mes parents découvrirent la tâche. Elle était morale et me marquait définitivement, à leurs yeux. Mon père et ma mère se mirent à hurler contre moi, je me réfugiais dans ma chambre où mon père me suivit pour me battre, la première et dernière fois de sa vie. Les cris de ma mère étaient : « tu ne trouveras jamais de mari, tu seras une femme des rues, une prostitué, toute ta vie ». Et je fus interdiction de sortie le soir.Cet évènement détermina toute ma vie.L’été suivant, ils voulaient partir comme chaque année, visiter un pays de leur choix, sans leur fille, moi. Ils me donnèrent donc libre choix de mes vacances organisées.Je choisis la côté Yougoslave en bateau (août 1963). Je rencontrais là un garçon qui tomba amoureux de moi. pas moi. Je me laissais faire. Il me demanda en mariage, je dis oui. Je ne l’aimais pas.Pour le mariage (janvier 1964) ma mère pensait que je ne méritais pas le blanc. Sous les instances de la couturière, elle céda, mais alors pas du long. Je fus donc affublé de la robe la plus stricte et courte, blanche. Ma soeur avait eu tous les falbalas. Ma mère me dit qu’elle allait m’informer comment je devrais me comporter la nuit de mon mariage pour que mon mari ne sache jamais la vérité… quand je lui dis « mais il sait », elle en fut très surprise et me demanda s’il m’acceptait comme ça ?Au bout d’un mois… ce mariage se révéla un échec. Je m’étais marié pour fuir ma famille, un passé pas pour construire un avenir. Le divorce n’était pas non plus dans les moeurs, je n’y pensais même pas. Je subis 7 ans un mariage qui me démolit moralement. Un jour de janvier 1971 je pris une valise et atterris dans un hôtel.Du jour au lendemain je me retrouvais dans une totale solitude, pour toujours, tous les amis [2. – comme j’ai hésité à vous dire qui ils étaient, ces amis lâcheurs et mon mari : des gauchistes maoïstes, qui devinrent les bobos qui firent le déclin de la gauche, définitivement ; ils me signifièrent : on ne divorce pas de x… le nom de mon mari] me tournèrent le dos, ma famille aussi.La virginité de la fille, pour moi, c’est une marque d’infamie, qui peut détruire une vie de femme.

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