Contexte et réflexions à propos du procès de Duch au Cambodge

Dans et sur les médias le Cambodge et ce prononcé au procès de Duch. Sur Mediapart des commentaires aux articles. J’ai répondu ceci aux protestations générales déçues de ce rendu, voulant remettre les événements dans leur contexte historique, commentaire resté sans réponse depuis 1 journée :

…..je n’ai pas vu le film d’Arte mais j’ai écouté une émission sur chaque matinée d’une semaine sur France-Culture l’année dernière, images ou pas c’est indicible.

Il se trouve que j’ai été au Cambodge, qu’avant j’avais lu plusieurs livres de témoignages. Le premier acte que j’ai fait fut d’aller voir S-21.

Et là j’ai vu des Japonais qui riaient bien en se photographiant les uns les autres, accroupis dans les cellules…

La majorité des morts s’est fait par faim dans les premières semaines/mois de l’évacuation des villes: on avait dit aux gens qu’ils allaient revenir dans peu et qu’ils n’avaient rien à emporter comme nourriture, riz, ustensiles de cuisine, etc…

La majorité des massacres, comme au Rwanda, a été fait par des adolescents entre 10 et 15 ans pour se « bien conduire ».

N’oublions pas l’origine de tout ça : la guerre du Vietnam qui a commencé par la guerre d’Indochine, puis les Français ont demandé l’aide des Etats-Unis. Ceux-ci ont bombardé systématiquement le sud et l’est du Cambodge pour détruite la piste Ho Chi Minh, et envoyé l’agent Orange qui détruit encore et encore tout autant qu’au Vietnam et au Laos.

Et si les habitants ont bien accueilli les Kmers Rouges c’est qu’ils avaient l’espoir qu’ils feraient cesser ces bombardements.

Un autre fait important est que le gouvernement actuel du Cambodge comporte encore des Kmers Rouges. La communauté internationale n’a-t-elle pas encore pu aider les Cambodgiens à se débarrasser définitivement de ces massacreurs ?

Les procès se font bien trop tard. Les Cambodgiens ont du attendre avec un immense espoir pour ceux qui restent vivants depuis 1979.

Oui les Asiatiques, par le Bouddhisme, n’ont pas le même rapport à l’autre.

Mais quand ils nous racontent ce qu’ils ont vécu, comment savoir si notre interlocuteur était bourreau ou victime ? Chacun connaissant les faits, chacun peut le raconter comme il lui sied le mieux. Avez-vous croisé ou parlé avec des bourreaux ? Avez-vous croisé ou parlé avec des gens qui disent « j’ai fait ça… » ?

Malaise.

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