Controverses sur la dette publique et sa résolution

Ah ah vous aviez tout compris en regardant cette vidéo que j’avais mise sur ce blog ? ben elle est fausse. Reprenons, et c’est arrêt sur images qui m’en donne les étapes, parait-il même qu’on la trouverait sur le site d’Attac.

  1. 1973 interdiction à l’état d’emprunter à la banque de France. Giscard en dit « La possibilité du prêt direct de la Banque de France au Trésor public a généré partout où il fut appliqué une situation d’inflation monétaire permanente »
  2. 1993 indépendance de la Banque de France décidée par le gouvernement Balladur
  3. article 123 du traité de Lisbonne stipule qu’ »il est interdit à la BCE et aux banques centrales des Etats membres (…) d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit » à toute institution publique.

Fréderic Lordon définie la monnaie ainsi : « La monnaie est le méta-bien, c’est-à-dire le bien particulier qui, dans la société marchande, donne accès à tous les autres biens. Elle est donc l’instrument générique du désir. Tous les désirs d’objet de la société marchande passent par elle – la littérature, le théâtre, le cinéma, les plus inspirés comme les plus médiocres, ont-ils jamais cessé de faire fonds sur ce pouvoir magnétique de l’argent-talisman ? C’est pourquoi il ne faut escompter aucune modération ni aucune régulation interne au désir d’argent, et qu’on voit mal par quel miracle l’Etat unique détenteur des moyens de la création monétaire résisterait à la tentation de devenir émetteur pour compte propre. » Eh oui c’est aussi un philosophe.

Henri Sterdyniak (Observatoire Français des Conjonctures Économiques), également affilié aux Economistes Atterrés, comme Lordon d’ailleurs. Il commence par deux mots pas très encourageants concernant « Jorion est un charlatan » et leur rencontre. Puis après vision de la vidéo en cause. « Pas une seule fois il ne prononce le mot déficit. Il ne donne aucune info précise sur les options de dépenses, les impôts, les recettes ; il nous balade avec des questions sur la monnaie qui n’ont rien à voir avec la dette. » Il ajoute : « Toute l’économie est endettée ! La contrepartie de la monnaie, c’est obligatoirement de la dette. Ce système fonctionne comme ça depuis le début de la première guerre mondiale. »…Vous comprenez qu’on ne peut pas imaginer que l’Etat emprunte à zéro, sinon la banque ne peut pas rémunérer les gens qui placent leur argent, à moins d’accepter de détenir toute votre richesse sous forme de billets non rémunérés. » Concernant la BCE ne doit pas racheter directement des titres émis par des Etats, mais devrait pouvoir être prêteur en dernier ressort, mais sa garantie permet surtout aux marchés de se calmer.

Thomas Coutrot d’Attac. « C’est sa marotte, son idiosyncrasie. Il ne comprend pas qu’on puisse monétiser la dette, pas toute évidemment, mais au moins une partie. La banque centrale américaine le fait. Pourquoi pas nous ? Sterdyniak n’est pas convaincant, quand il dit que c’est impossible. Si c’est vraiment impossible, alors pourquoi est-il écrit dans les traités que la BCE ne peut le faire, hum? » Mais pourquoi l’a-t-on interdit en 1973 ? Pour Coutrot, le but était d’obliger les Etats à se financer sur les marchés, car les marchés exigent de la rigueur. « Sous pression de l’Allemagne, il a été décidé que les Etats devaient être sous la discipline des marchés pour ne pas dériver dans l’arbitraire de la création monétaire. » Pourquoi? « Pour les Allemands la création monétaire c’est l’inflation puis l’hyperinflation puis le fascisme. » Au moins, Sterdiniak et Coutrot sont d’accord sur le rôle de l’Allemagne. Et lui aussi dans les Economistes Atterrés… comme quoi même entre eux c’est pas si simple.

Maintenant je vais vous rassurer. Je vous parle d’économie moi-même sur ce blog, mais j’ai beaucoup de mal à dépatouiller toutes ces controverses. Je vous propose même les photos des livres qui sont sous mon coude depuis… un bail. Enfin la liste n’est pas complète. Certains datent des années 45 (sur le fascisme, mais j’ai du l’acquérir années 70), d’autres au long de mes études d’histoire, d’autres au court de mes intérêts, comme « Une économie mondiale » acheté au tournant de 83 où la thèse de Milton Friedman avait son succès, même à gauche. C’est donc mon chemin perso que je vous propose ici, et que je reprends comme je peux ces temps-ci, dont même le TCE, finalement le traité de Lisbonne en est tiré, non ? J’ai déjà fait des tas d’articles sur certains, d’autres cités, d’autres pour de futurs billets.

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