Les Grecs et nous, Occidentaux, devrions avoir le souvenir de la naissance de la démocratie. Elle se fit par l’abolition des dettes des pauvres.
Une situation de crise atteint son paroxysme dans les premières années du VIè siècle. La plus grande partie des paysans athéniens étaient astreints au paiement d’un impôt (le sixième). Mais ils ne pouvaient plus le payer. Cet endettement allait grandissant assorti de la menace de la réduction en esclavage de la majorité des paysans.
Solon fut élu en 594, d’origine aristocratique. Mais il avait voyagé ce qui lui avait donné un point de vu différent de l’aristocratie traditionnelle.
Il avait pris conscience que l’agitation paysanne pouvait déboucher sur la tyrannie. Mais n’avait aucun goût personnel pour remplir ce rôle. Il proclame la « siesachtia » ou « levée du fardeau« .
Sont arrachés des champs les bornes qui concrétisent l’état de dépendance des propriétaires, supprimant les dettes et interdisant pour l’avenir la contrainte par corps, s’attachant pour le présent à faire revenir en Attique tous ceux qui, réduits en esclavage, avaient été vendus au dehors.
Il libéra ainsi les paysans athéniens d’un état de dépendance dont il ne sera plus jamais question par la suite dans l’histoire d’Athènes.
Il continua son oeuvre par un droit athénien commun pour tous, un conseil de 400 membres, il répartit l’ensemble des citoyens en quatre classes censitaires qui subsistèrent pendant tout l’histoire d’Athènes,
Ce n’est qu’à partir de sa venue qu’Athènes émis sa monnaie. Il réforma les poids et mesures la « mine » pesant 100 drachmes et non plus 73/70 (soit une dévaluation).
Et tout commença là. Ne pourrait-on s’en inspirer de nos jours et faire commencer l’Europe comme ça ? en annulant les dettes des pauvres vis-à-vis des riches ? qui sont les banques qui nous volent tous les jours.
Nous sommes dans une Europe des rentiers, pas une Europe des peuples.
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nota : billet inspiré par le livre de Clause Mossé, Histoire d’une démocratie : Athènes, Points Seuil, 1971.