
Rachid Bouchareb remet les plats sur les colonisés Algériens. Ici c’est leur combat pour la libération de leur propre pays, l’Algérie, dont il est question. Cela demarre sur le massacre – entre 15 et 45 milles morts Algériens – de Setif le 8 mai 1945 (date symbolique pour toute l’Europe). Il faut aussi rappeler que toutes les colonies françaises ont demandé leur libération après que nous, sur le territoire français, ayons libéré le notre. L’état français a réprimé violemment la demande de liberté des autres peuples :
- A Madagascar (30 mars 1947, on apprécie le nombre de morts autochtones à 80 milles),
- en Indochine (Saigon septembre 1945, Haïphong en 1946),
- à Casablanca en 1947,
- en Côte d’Ivoire en 1949,
L’immigration Maghrébine présente sur le sol français, actuellement la 3ème génération de nationalité française, est encore mal traitée dans les banlieues (ghettoïsation, chômage, trafic de drogue pour survivre, jeunes filles qui se sont révoltées dans le mouvement « ni putes ni soumises »).Cette génération a besoin de s’approprier sa propre histoire pour son identité. Histoire qu’on leur a soustrait à l’école de la République. Leur apprend-on d’où ils viennent ? pourquoi ils sont là ? la distinction étant à faire entre : Marocains (Berbères et Arabes), Algériens, Tunisiens, Khabyles, chacun avec une histoire différente, chacun avec des raisons différentes de leur immigration, chacun ayant appris le français pour leurs parents dès les années 30/40 pour ceux qui étaient scolarisés (peu). La francophonie y est donc partie prenante. Connaissent-ils leur histoire depuis le Moyen-âge ? avec l’invasion des Arabes qui leur a apporté le Coran (voile, niqab en question ces temps-ci) ? Sans connaitre sa propre histoire peut-on s’approprier son identité, complexe, peut-on être calme sans passé ni donc avenir qui se forme en s’appuyant sur ce dernier ? sa fierté ? tout leur est dénié.De plus dans le sud de la France les Pieds noirs sont implantés et ont fait monter le racisme et l’extrême droite. Dans ce sud l’importation des Marocains pour cueillir les fruits se pratique depuis les années 30 dans des conditions infamantes pour les protagonistes : pour maltraiter les gens ils faut d’abord les tenir en mépris.Hier soir aux informations de la 2 je pleurais presque. Tout au long des informations de la journée sur France-Inter j’entendais l’évolution de la réception de ce film. J’avais déjà un peu traité en quoi je suis liée à la guerre d’Algérie dans un précédent article.