En 1930 deux officiers sont inculpés pour avoir constitué des cellules national-socialistes, Hitler, témoin, proclame qu’il réprouve cet acte et que sa révolution n’est que spirituelle.
Dans ce qui suit j’essaye de montrer ce qui est similaire dans les faits ou les dires des uns ou des autres à ce que nous vivons ici et maintenant en France.
En août 1932 Daniel Guérin fait des voyages successifs en Allemagne et en ramène des scènes vécues, tout son livre est d’actualité, on se retrouve dans des situations tout à fait similaires à maintenant :
Un jeune (…)
– vois-tu, nous sommes dressés les uns contre les autres. Les passions sont chauffées à blanc au point qu’il nous arrive de nous entre-tuer, mais nous voulons au fond la même chose…
– vraiment ?
– oui, la même chose, un monde nouveau, radicalement différent de celui d’aujourd’hui, un monde qui ne détruise plus le café et le blé, tandis que des millions d’hommes ont faim, un nouveau système. Mais l’un croit dur comme fer qu’Hitler le lui donnera et l’autre que ce sera Staline. Il n’y a entre nous que cette différence…
Aussi
(…) un demi-million de jeunes chômeurs, au bas mot, errent sur les routes. Ils n’ont droit à aucun secours, le plus souvent parce qu’un membre au moins de leur famille a conservé un emploi. Las de se tourner les pouces dans leur triste faubourg et d’être à charge au foyer paternel, ils partent avec le printemps et roulent leur bosse jusqu’à la fin de l’automne. Certains déambulent ainsi depuis plusieurs années, sans but, vivant d’aumônes, gîtant dans des asiles ou des étables. (…) le jour venu ils se vendront au plus offrant ; ou bien leurs rancoeurs trop longtemps accumulées, exploseront avec brutalité et, sur les boucs émissaires qui leur seront désignés, ils cogneront à tour de bras.
Hitler va « embaucher » quelque uns d’entre eux à titre de « volontaires » dans des camps de travail militarisés.
– le fait essentiel de l’heure est que plus de 90 % de la population allemande considèrent le régime capitaliste comme ayant vécu et réclament autre chose… une économie nouvelle… un nouveau système
Jamais en France les socialistes ne pensèrent qu’il était possible que les Allemands, comme les Italiens, pouvaient basculer côté fascisme. Ils étaient convaincus que la nation de Goethe était cultivée, que la démocratie ne pouvait basculer, que le fascisme était réservée aux pays arriérés et semi-agricoles.
Pendant ce temps Hitler acquière la confiance de la droite traditionnelle. Il a l’instinct politique. Le nationalisme-socialisme a absorbé tous les partis de droite, les modérés se sont fanatisés. Ce sont les milieux de la finance, de l’industrie, de l’armée qui ont soutenu Hitler de leur fric.
Le programme (1) est d’abord raciste, exclusive à la race allemande. Il n’a pas cessé de changer, il fut même socialisant années 20 où il définit le travail comme le devoir de chaque citoyen. Il propose une participation aux bénéfices. Mais les grandes industries qui soutiennent Hitler ne le voient pas d’un bon oeil, cela restera donc lettre morte.
Mélenchon a-t-il raison, je le crois volontiers, son analyse me parait juste, cependant, restons vigilants
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(1) dont je ferai un billet spécial