Il faut tout changer et Gérard Filoche veut rester immobile

Je suis surprise. Devrais-je dire déçue ? J’ai mis du temps à réaliser la portée de son entêtement.

François Hollande ne nous propose rien. Il veut surtout garder le même système en y mettant des touches plus « sympas », mais rien sur le fond. Alors que nous vivons une crise systémique (1) on ne nous propose que des solutions de continuité. Autant Sarkozy que Hollande. La vérité vous froisse militants du Parti socialiste ? j’en suis désolée pour vous mais vous gardez la tête dans le sable.

De Gérard Filoche nous sommes tous en attente. Il nous a prouvé bien des fois et surtout durant la campagne du TCE qu’il était capable d’anticonformisme : il raisonnait par lui-même (et sans doute se concertant avec ses compagnons) et fut capable d’emmener une formidable remise en cause. Je me souviendrai toujours comme je fus surprise à l’automne 2004 quand il me dit « il faut refuser ce traité« . Sur le moment je ne le pris pas vraiment au sérieux. Je suis pour l’Europe depuis toujours, je ne comprenais donc pas ce qu’il disait. J’avais voté oui à Maastricht, je sais maintenant que j’ai eu tord. J’avais fait confiance à ceux que je considérais comme « les miens ». Et pourtant Jean-Pierre Chevènement (2) était contre, je ne l’ai pas pris au sérieux.

Donc me voilà armée du TCE… je le lis (3)… il me tombe des mains à chaque page… évidemment qu’il faut refuser un tel traité.

Et maintenant ?

Depuis 2007 nous sommes devant une crise systémique (1) du capitalisme comme nous n’avons pas eu depuis 1929. Et même je dirais que la crise actuelle est pire que celle de 1929. Plus on avance dans le temps plus j’en suis convaincue.

Alors qu’en 1929 nous avons eu la chance d’avoir un Keynes, un Roosevelt, que malgré tout le système s’écroula sur lui-même et ne put empêcher les nationalismes, les fascismes, et la pire guerre que nous connûmes sur terre.

Nous assistons en Europe a des gouvernants paralysés. Ils font du touche-à-tout, des réformes cosmétiques à grands cris de « cette fois c’est la bonne« . Le pire est qu’ils ne savent pas analyser les leçons de 1929, surtout Merkel (4), elle ne connait pas l’histoire de son propre pays confondant l’hyperinflation de 1924 avec celle de 1929 qui fut précédée par une austérité.

Dans ce contexte s’annonce les présidentielles françaises de 2012.

Que voyons-nous ? des candidats de gauche ou de droite qui crient aussi. Mais à part crier contre le président actuel que proposent-ils ? Rien ou uniquement eux aussi d’autres sortes de réformes cosmétiques.

L’austérité est la nouvelle mode en Europe. De droite ou de gauche. Hollande ne propose rien d’autre : il prône de rembourser des dettes, alors qu’il faut les remettre à plat, les contester, les recalculer, et ne payer qu’après ce travail de base essentiel.

La réforme des retraites est l’exemple parfait de son projet : ne rien faire. Les promesses antérieures du PS ? il en fait table rase. Ne doutez pas il fait pareil pour le reste.

Et c’est ce genre de solution que Gérard Filoche nous propose ?

Dans le prochain article je vous montrerai comment Filoche veut intimider, faire du chantage à tous les militants qui, comme moi, réfléchissent, et ont compris que la solution n’est surement pas de voter Hollande ni au premier tour ni au second.

Je peux déjà poser la question suivante :

  • L’analyse et la remise en cause, par Gérard Filoche et les nonistes du TCE, des politiques successives du parti socialiste au pouvoir depuis 1983 n’aurait donc servi à rien ?

Pour engager cette campagne le « laboratoire d’idées » du Parti Socialiste, Terra Nova, a clairement écris qu’il faut laisser de côté les classes populaires parce qu’elles penseraient « mal ». D’après eux il faut s’orienter vers ceux qui penseraient « bien » : les classes moyennes. Et ce parti se dit de gauche ?

… depuis j’ai continué ma démarche de réflexion et j’ai déduis que toutes les promesses qui ne tiennent pas compte des gens ont conduit à la montée du Front National.

Alors j’en ai tiré ma conclusion : je ne voterai plus jamais Parti Socialiste.

et donc à suivre…

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(1) crise du système : de l’organisation de la société, du rapport économique entre les pays et individus sur la planète

(2) Je fis parti du CERES et n’avais pas compris sa transformation en Mouvement des citoyens

(3) car contrairement à la propagande qui perdure, nous les NON, avons lu et étudier ce traité. Pas les OUI qui ont sans doute fait comme moi en 1992, la différence est que moi j’ai su changer, réfléchir, pas eux.

(4) ce qui n’est pas le cas de tous les Allemands, et en particulier Die Linke.

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