France-Inter a interviewé Jean-Luc Mélenchon le 27 décembre à l’émission Carrefour du 6/7 en voici le résumé
- L’édito politique
Le Front de Gauche : opération séduction – par Marion Lagardère, du service politique de France Inter
A moins de 4 mois de l’élection présidentielle, zoom sur le Front de Gauche, qui serait en train de séduire de plus en plus ?
C’est en tout cas ce que rapporte nombre de ses cadres. Les nouveaux militants, venus de tout l’éventail de la gauche, ne cessent d’affluer. Plusieurs évènements sont venus aider le parti de Jean-Luc Mélenchon, à commencer par l’accord PS-Verts.
Un élu raconte : « c’est un fiasco politique qui a fait venir dans nos réunions publiques de nombreux encartés Europe-Ecologie, déçus, dégoûtés par le compromis électoral« .
Techniquement, il est impossible d’avoir des chiffres sur le nombre de ralliés, mais le constat est là : la petite transhumance se vérifie sur le Web, où les messages de militants Verts quittant leur parti pour le Front de Gauche fleurissent, et concrètement, dans les meetings.
Voilà pour les Verts, mais le Front de Gauche revendique aussi des arrivées de socialistes
Oui, et l’explication donnée ne fera pas plaisir à l’adversaire : c’est la campagne de François Hollande qui déçoit. Pas assez offensif, pas assez de gauche, trop mou et consensuel. Les adjectifs sont parfois cruels. C’est un conseiller régional d’Ile-de-France qui les rapporte. Il explique : « nous avons passé trois jours en session plénière au Conseil régional et plusieurs élus socialistes sont venus me voir pour me dire leurs doutes« .
Vous allez me dire : ça ne fait pas des ralliements !
Mais la surprise est pour janvier. Le parti de Jean-Luc Mélenchon doit publier une liste de socialistes qui rejoignent officiellement le Front de Gauche. Parmi eux, apparemment, « un gros poisson« . Une réunion secrète pour finaliser sa venue est prévue la semaine prochaine. De quoi faire monter le suspens…
Et puis, il y a un autre parti dont les militants sont convoités par le Front de Gauche : le NPA
La nouvelle LCR lancée il y a deux ans n’a pas su garder ses nouveaux militants encartés. Un afflux vers le parti de Jean-Luc Mélenchon a déjà eu lieu il y a un an. Et maintenant, c’est Philippe Poutou qui ne convainc pas. Au NPA, un cadre en voix de dissidence explique : « il faut regarder la vérité en face, Philippe n’aura sans doute pas ses parrainages et là, nous devrons choisir ».
Il ajoute « pour beaucoup d’entre nous, le seul plan B, c’est Mélenchon ». De quoi réjouir le principal intéressé.
Effectivement, un rapprochement est en cours, avec l’une des motions du NPA, celle emmenée par Fred Borras.
Il vous est sans doute inconnu, mais il représente 40% des militants du NPA. Résultat : une réunion publique conjointe est prévue à Paris, le 11 février prochain. Un appel commun sera publié fin janvier. Comme le dit Eric Coquerel, bras droit de Jean-Luc Mélenchon : « pour nous, tous les feux sont au verts !« .
Conclusion : en politique comme à la guerre, faire campagne efficacement, c’est d’abord avoir des troupes. Pour diffuser la bonne parole et le programme, mais aussi pour impressionner le camp d’en face.
Un seul bémol, tout de même, que beaucoup, au Front de Gauche, reconnaissent : personne, pas même Jean-Luc Mélenchon, n’a encore trouvé la clé pour séduire ceux qui sont tentés par le vote Front National.
http://www.franceinter.fr/emission-le-carrefour-du-67-le-carrefour-du-67-du-27-decembre