Voilà un moment que des lecteurs m’interpellent par twitter ou commentaires ici concernant mon silence sur l’école. Déjà ne vous y méprenez pas je ne suis pas d’accord avec ce que je subodore… je n’y connais rien c’est tout, et je ne comprends pas tout ce qui se passe. Je ne peux que réagir en citoyenne de base (donc même pas en tant que militante un peu plus informée normalement). En plus j’ai même peur d’écrire des bêtises sur le passé…
L’école c’est très loin pour moi. Même pas de petits enfants pour en savoir plus dans le concret. Je crains n’avoir que des idées très bateau sur le sujet. Je vous les livre donc.
Ma base est donc l’école telle qu’inventée à l’avènement de la 3ème République. Jules Ferry en a mis les bases, mais elles ne suffisent pas. Pourtant déjà la laïcité, il me semble, en était la base, là pour appliquer la gratuité. D’après mes vagues souvenirs ou la logique de la chose, il me semble qu’elle était pour évacuer le pouvoir des églises de l’enseignement qui étaient les seules qui pratiquaient l’enseignement depuis le Moyen-âge, Universités comprises.
J’ai eu l’occasion tant dans mon parcours personnel en tant que femme, qu’à l’occasion de l’éducation d’un enfant en tant que femme seule et pas riche d’en voir les grandeurs et décadences.
Je dis femme parce que se rajoutait pour nous les moeurs : une fille n’a pas besoin de faire des études, son mari la nourrira toute sa vie. J’ai donc râté mon bac, faute de motivations… mais je me suis rattrapée (1) par les cours par correspondance très vite, et vers 30 ans l’Université de Vincennes. Quelle chance. J’ai pu combler là le complexe indicible que j’avais. La chance de plus d’avoir en Histoire les profs de la Sorbonne, les meilleurs de leur génération (Winock, Marseille, Rebérioux, d’autres). J’ai vécu comme un deuil inconsolable la mise par terre de cette Université, si mal remplacée par Villetaneuse coincée dans un quartier, alors que l’autre était en pleine nature comme doit l’être un Campus d’Université qui doit être, pour moi, à l’écart de l’agitation de la civilisation pour permettre la concentration et la réflexion que demandent des études.
J’ai aussi vécu les à priori d’un directeur d’école primaire contre les femmes seules et divorcées qui forcement produisaient des enfants déséquilibrés. Il mit donc mon fils à son passage en 6è en allégé. C’était un système fait pour les arriérés mentaux. Quelle bataille j’ai du mener. Il l’a cassé (pas pour toujours, mais vis-à-vis de moi (2).
Il me semblait que les moeurs évoluant les à priori sont moins pesants. Mais finalement j’observais qu’ils n’ont fait que se déplacer, maintenant sur les enfants des nouveaux arrivants. La grande majorité étant de classe défavorisée ils habitent tous dans des quartiers, qui existaient avant dans les faubourgs plus proche de la ville, maintenant dans les banlieues plus lointaines. La mise à l’écart qu’ils vivent sont d’une autre sorte.
Il n’est pas tenu compte que quand des parents ne parlent pas la langue du pays d’accueil mais celui du pays d’origine ce sont les enfants qui sont les traducteurs-relais entre les deux civilisations : la leur, la nouvelle, et celle de leurs parents, l’ancienne.
Ces parents sont toujours attentifs à ce que leurs enfants étudient à l’école. Actuellement le plus souvent (pas toujours) de culture musulmane où le livre est sacré comme chez les chrétiens mais la culture et les études plus importants même pour les filles ce qui n’était pas le cas dans la tradition française. Si bien que nous voyons les filles plus poussées et réussissant mieux que leurs frères.
Ces familles sont défavorisées aussi par leur situation sociale de pauvreté, pour elles la gratuité est essentielle. Mais aussi pour la nation.
Tous ces enfants qui sont l’avenir de la nation, sa force, sa créativité, son imagination, la convergence de deux cultures dans un même être étant d’une immense richesse il faut donc que la nation fasse son devoir : aider ces enfants à jouer leur rôle de relai et d’enrichissement.
Si je compare avec des gens habitants les beaux quartiers, même s’ils sont aussi immigrés, tels les Sarkozy ou les Bruni, ils n’ont aucun problème car ils ont et relations et fric. Ils parcourent le chemin qui leur est désigné : les grandes écoles payantes.
Pour que la nation ait tout le bénéfice de l’apport de l’enrichissement d’un sang neuf, il lui faut tendre la main, sinon la vitalité ne pourra que se transformer en violence.
La violence n’est que la frustration de n’avoir pas laissé, aidé à l’expression de se dire en mots, en écrits, en chansons, en créativité d’arts de toute sorte. Ce qui ne peut s’exprimer librement se retourne contre soi-même et les autres.
Voilà mon introduction à ce vaste problème qui mérite d’autres développements…
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(1) je lisais beaucoup depuis « toujours », très vite surtout des sciences humaines bien plus que la littérature ; les premiers cours par correspondances furent d’économie… déjà !
(2) Jean-François Porchez car les fils ne portent pas le nom de leur mère