La Grèce dans une situation incertaine face à l’euro

LES TEMOINS DU TEMPS PRESENT
Economie, 06 janvier 2012

La situation en Grèce demeure toujours on ne peut plus incertaine en 2012. Les trois mois qui viennent s’annoncent « exceptionnellement cruciaux » pour l’avenir de la Grèce dans la zone euro, a annoncé aux partenaires sociaux le Premier ministre grec Lucas Papademos le 4 décembre.

Deux points décisifs inquiètent le chef du gouvernement d’Athènes. Le premier concerne l’absence d’accord quant à la réduction des salaires : selon M. Papademos, « faute d’un accord sur la réduction des coûts du travail et du financement qui y est lié, la Grèce sera confrontée à un danger immédiat de défaut incontrôlé courant mars ». Or il fait de la réduction du salaire minimum, à laquelle la centrale syndicale du secteur privé, la GSEE, est opposée, une condition essentielle pour augmenter la compétitivité de l’économie grecque. Selon lui, « nous devons accepter des sacrifices limités pour prévenir une issue catastrophique », [Les Echos].

Le Premier ministre grec rencontre également l’opposition des créanciers privés, qui refusent le principe d’une décote de la moitié de la valeur nominale des 206 milliards d’euros qu’ils détiennent. D’après Les Echos, les obstacles sont suffisamment importants pour que l’économiste américain, Jeffrey Sachs, appelle à la médiation du FMI et de l’Union européenne pour débloquer les tractations entre les banques et le gouvernement grec.

La Grèce doit en plus faire face à un report de trois mois quant au versement de la nouvelle tranche de cinq milliards d’euros, initialement prévu en décembre 2011, finalement reporté à mars 2012, comme l’a annoncé aujourd’hui Olivier Bailly, porte-parole de la Commission européenne.
Une équipe d’inspecteurs de l’UE et du FMI doit se rendre en Grèce du 14 au 16 janvier pour vérifier l’état d’avancement des réformes, nous explique Reuters. De nouveaux retards dans les versements pourraient avoir lieu si les inspecteurs estiment insuffisants les efforts réalisés par la Grèce.

Face à cette situation incertaine, la directrice du FMI, Christine Lagarde, se déclare toutefois optimiste quant au maintien de la Grèce dans la zone euro : « Les partenaires européens ont affirmé, réaffirmé leur détermination (à maintenir la Grèce dans l’euro), nous nous pouvons que soutenir cela ». Quant à la survie de la zone euro, elle a déclaré lors d’une visite à Johannesburg « improbable que la monnaie en elle-même disparaisse en 2012 », nous rapporte le NouvelObs.

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