Les gouvernements laissent la main aux financiers, la politique est dégradée, elle suit sans agir, se laisse intimidée, la politique doit agir et non voguer au gré des peurs des marchés. La politique doit être remise au premier plan et diriger la finances et non l’inverse. Dans cette matière essentielle pour choisir le président qu’il nous faut en 2012 où sont les socialistes français ? Tout diffère de l’un à l’autre individu, ce n’est même pas une histoire de courant, c’est illisible pour l’électeur moyen.
Les événements du Maghreb et du Machreck n’ont pas été soutenus comme il aurait fallu par les instances du PS qui auraient pu inciter à un enthousiasme du peuple Français ; aucun meeting de soutien, aucun message de dirigeants socialistes nous titillant dans un soutien qui nous concerne nous-même dans notre quotidien qui voit se dégrader chaque jour nos services publics, notre redistribution, et surtout l’oligarchie prendre le pas sur tout.
La présentation des candidats ne nous excite pas plus au plan politique. Chacun y va de ses relations, de sa belle gueule ou de sa manière de parler… mais la politique où la mettent-ils ? le présidentialisme est là déjà, personnalisation, vide sidéral du contenu.
Si je regarde qui soutient l’un d’eux, par exemple Aubry – c’est des plus obscurs. Elle se dit se réserver en faveur de DSK, mais on peut voir la gauche du parti la soutenir : Hamon, Filoche. Par ailleurs elle porte soutient à la nomination de Christine Lagarde, libérale, au FMI. La confusion est totale, un chat n’y retrouverait pas ses petits, dont moi.
D’un autre côté on voit Montebourg ne pas trouver ou n’en vouloir pas, qui sont ses partisans ? Est-il seul ?
Et Emmanuelli où est-il, lui qui dit : Je suis plutôt pour la solution allemande. Les acteurs privés ne doivent pas être épargnés. Sinon, les contribuables seront les seuls à payer l’addition.
Si maintenant on regarde au plan de l’Europe ce n’est pas plus clair, en voici la confirmation par un échange entre Cédric Durand (1) et Henri Emmanuelli (Mediapart) :
Henri Emmanuelli. Le Parti socialiste européen (PSE) avait fait un communiqué en faveur des obligations européennes, les «eurobonds». Mais les Espagnols ont voté contre. Pourquoi? Les Espagnols sont aux responsabilités, et ils ont eu peur que tout le monde ne leur tombe dessus. On assiste à ce paradoxe un peu agaçant: les partis socialistes sont plus à gauche dans l’opposition qu’au pouvoir.
Cédric Durand. Prenez Michel Sapin, dans l’un des débats que vous avez organisés à Mediapart. Il dit à la fois qu’il est de tout cœur avec le peuple grec dans la rue. Mais qu’il voterait l’austérité s’il était député grec… À un moment, il y a un coût politique à l’affrontement.
Henri Emmanuelli. Mais le PSE a fait un nombre de pas assez considérable ces six derniers mois. Il demande par exemple de modifier le statut de la BCE, qui doit aussi s’occuper de la croissance, et pas seulement de la stabilité monétaire… C’était l’une des revendications fortes des «nonistes», lors du référendum sur le traité européen de 2005, en France. Les choses bougent.
plus loin :
Cédric Durand. La situation est d’une violence ahurissante en Grèce, il faut le rappeler. Quelques chiffres: des revenus ont diminué de 25% en deux ans, un plan de privatisations qui est de 50 millliards de dollars en cinq ans, soit 20% du PIB, c’est un état de guerre économique, le terme n’est pas exagéré, et qui pose la question: jusqu’à quel point continuer ce jeu? Je suis favorable à un moratoire sur le paiement des intérêts de la dette, et à un audit, qui permette de dire quelle dette est légitime, et quelle dette peut être annulée.
____________
(1) signataire du manifeste des Économistes Atterrés