Où est passé Bayrou ? chute, trahison ou attente ?

Récemment les médias nous affirmaient qu’il prenait sympathie avec Sarkozy. Alors, me disais-je, je me suis faite avoir sur toute la ligne. Il est vrai que cette information nous venait après une chute vertigineuse aux régionales, une défection de Jean-François Kahn qui s’était engagé dans un mouvement politique pour la première de sa vie, que les sondages ne donnaient plus cher de sa peau, que des bruits divers circulaient, en particulier de sa personnalité dominatrice ne laissant place à aucune autre idée que la sienne, et le fixant pour essayer de voir ce qu’il y avait derrière l’apparence, je me disais qu’il avait bien changé… il m’a fallu du temps pour réaliser qu’il avait blanchi.

Voilà qu’hier soir sur la 2 Calvi l’avait invité. Je n’attendais plus rien de Bayrou mais curieuse de savoir ce qu’il avait à répondre à ces nouvelles positions. Face à lui 3 autres journalistes (Bernard Maris, Eric Zemmour, Christophe Barbier) qui en première vision faisant des têtes non réjouissantes je me dis : Bayrou va se faire descendre.

A la première question de Calvi : êtes-vous candidat pour les présidentielles de 2012, Bayrou refusa de répondre. Il recala la question autrement : la vrai question était sur l’avenir de la France et le meilleur (ou le moins catastrophique ?) pour elle. Il rappela en passant qu’en 1956 de Gaulle recueillait 3,2 % de vote.Tiens alors il n’a pas changé le Bayrou ? Vraiment de bout en bout cet homme solitaire n’eut aucune agressivité qui eut été un signe de faiblesse – et par là même émoussa l’agressivité de ses interlocuteurs -, par contre il énonçait longuement – ne se laissant pas écourter comme il est d’usage dans toute interview politique – ce que finit par faire remarquer Calvi : vous prenez 5 minutes pour chaque réponse on n’en sortira pas à ce train-là, lui habitué à faire du tac au tac qui laisse peut-être 30 secondes pour chaque réponse.

Les maitres mots que Bayrou plaça de prime abord furent : justice et égalité, d’après lui les Français (et je l’approuve en cela) y sont très attachés, bien plus que dans toute autre nation dans le monde. J’en suis assez d’accord : c’est l’origine de la République et le motif de la Révolution de 1789. Les Français seraient dans l’attente de la conduite de la crise et sa résolution ou non. Il souhaiterait que les Français restent dans l’attente plutôt que se décider à des mouvements qui à chaque fois ont amenés des gouvernements de droite (68 par exemple).

Il rappela qu’une fois l’état français fit faillite : Directoire ; une autre fois il réduit sa dette par des baisses de revenus des fonctionnaires : Laval fin des années 30 (pour faire référence là aux mesures prises par les gouvernements socialistes actuels : Espagne, Grèce, Portugal).Il verrait plutôt une annulation des niches fiscales (80 milliards par an). On lui rétorqua qu’ils partiraient, il répondit qu’il faut enlever les décorations françaises aux Français qui sont sortis du pays pour éviter les impôts, et moi je rajouterai : personne n’est revenu ou si peu pour montrer sa solidarité après le bouclier fiscal.Il plaide pour la solidarité des citoyens, et que les impôts sont la justice et un bienfait pour la nation, pas une mauvaise chose comme on essaye de nous le seriner partout ces temps-ci.

Qu’il faut inscrire dans la Constitution, par référendum : pas de dette pour la gestion quotidienne des dépenses à ne pas confondre avec des investissements pour lesquels il est de bon escient d’emprunter.

Quelques mots sur le PS. Il est une grande force dans le pays (il tient toutes les régions), mais il s’attendait à sa brisure en deux récemment pour des analyses et propositions divergentes en son sein. Je dirai que moi je l’attendais après le référendum de 2005.

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