C’est la débandade chez les riches Français parce que comme le dit Lordon :
il y a des très riches qui vont beaucoup perdre…
Ils le sentent venir ce vent qui va se retourner contre eux. C’est une excellente nouvelle pour nous, à condition que le peuple y voit clair. Pas sûr. Tout ceci est fait pour que le peuple qui n’en peut plus tombe dans le panneau et crie, trop tôt, Victoire ?
Arrêt sur Images vient de publier un article qui résume excellemment la situation, pour ceux qui ne sont pas abonnés en voici la substance, majorée de mes apports.
Même les téléspectateurs de TF1 en ont été informé, mais comment ? Il leur a été dit que Maurice Levy proposait une « contribution exceptionnelle ». Le mot le plus important ici est « exceptionnelle », pas contribution. Ils veulent bien apporter au pot commun… mais attention juste pour cette fois, que ça devienne pas une habitude, donc surtout ne pas réformer les tranches d’imposition vers le haut. Petite analyse de texte, il faut d’après lui :
« une réduction brutale, immédiate, du déficit public. Et sans attendre une seule seconde »
ça va exactement dans le sens des marchés et de qui est-ce l’intérêt ? la suite est instructive :
« une vraie, une sérieuse, une profonde réforme de nos structures administratives et de nos systèmes sociaux, pour pouvoir à l’avenir réduire drastiquement nos coûts afin de pouvoir servir la dette, la réduire (au besoin et en complément, par un programme de privatisation dédié exclusivement au désendettement), et investir dans l’avenir. Osons nous attaquer aux vaches sacrées ».
Il le dit dans le texte, en remettant les choses dans le bon ordre nous obtenons :
Un programme de privatisation de toutes nos couvertures sociales, diminuer ainsi conséquemment les « charges » (1) sur les salaires, c’est pour lui, un investissement pour l’avenir (l’avenir de qui à votre avis ?). Et il confirme et appuie en parlant de « vaches sacrées ». Les vaches sacrées, qui déplaisent tant au patronat, qui surprennent tous les libéraux anglo-saxons, est notre redistribution sociale. Il est vrai que privatiser en assurance volontaire : la maladie, le chômage, les allocations familiales, les retraites serait juteux pour les assureurs et les banques, ils n’attendent que ça.
C’est une des principales raisons de la crise que nous vivons depuis 2007, c’est leur but en criant sur les dettes (2) (3) des états. Ils nous passent un voile sur les yeux. Ce voile va-t-il avoir son effet désiré ?
D’après la sociologue Monique Pinçon-Charlot (4) :
A la suite de la sortie de notre livre Le Président des riches, nous avons passé 8 mois à sillonner la France, explique-t-elle. Nous avons pu mesurer à quel point il y a un sentiment de révolte dans le pays de Nicolas Sarkozy parmi les classes moyennes et populaires. Compte tenu des affaires Servier, Tapie, Bettencourt et Wildenstein qui touchent de près le président de la République, ses amis se devaient de faire un geste pour apaiser la tension. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la tribune de Maurice Lévy ». Et « quand bien même, une contribution exceptionnelle serait appliquée, le montant resterait très symbolique au regard de leur richesse », estime-t-elle.
Restez vigilants pour la rentrée ils veulent vous enfumer.
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(1) ce que le patronat appelle charges sont des salaires différés, vous en trouverez l’explication ici
(2) la dette en France n’est pas du à une dépense supplémentaire, mais des réductions d’impôt sur les plus riches.
(3) la dette est appréciée sur le revenu annuel, alors qu’il s’agit aussi d’investissements : le banquier qui vous prête ne calcule jamais votre dette totale comme si vous deviez la rembourser dans l’année… mais au fil de vos revenus mensuels ; s’il calculait votre dette totale comme il est fait pour les états ces temps-ci (immobilier+voiture+consommation, etc..) où seriez-vous ?
(4) une nouvelle version enrichie de son livre le Président des riches est à paraitre le 15 septembre