Que la démocratie advienne dans les pays Arabes, vive les Égyptiens

L’émotion qui m’étreint à l’écoute des événements en Tunisie et maintenant en Égypte est due à des sentiments contradictoires qui remontent à loin.Ayant vécu à Paris la plus grande partie de ma vie, ma culture est celle de l’habitude de rencontrer toutes les cultures du monde :

  • les Juifs Ashkénazes qui y sont implantés depuis fort longtemps
  • les Maghrébins et des Africains de nos colonies devenues pays autonomes, devenus des émigrés
  • des Portugais et des Espagnols ayant fuient leurs dictatures
    • ceux-là venus, comme les Algériens et Africains, reconstruire notre pays après la 2de guerre qui manquait de main-d’œuvre
  • des Chiliens fuyant Pinochet
  • des Vietnamiens fuyant le régime communiste
  • des Brésiliens, des Argentins, qui comme les Chiliens venaient voir de près ce pays de la démocratie, des droits de l’Homme, de culture littéraire et philosophique…

la France avait cette réputation de part le monde. Puis en 1985 j’ai reçu le choc de la montée du Front national au dépouillement des bulletins de vote de mon arrondissement pensant que ce n’était que là, découvrant aux informations en rentrant que c’était toute la France.Plus tard, dans le Sud-Est de la France j’ai découvert les réactions réflexes du racisme quotidien, dont personne n’avait conscience, même pas les gens dits de gauche (PC compris). J’ai fuit. Le Front national était implanté en France mais je ne m’y faisais pas. La parole quotidienne raciste, bien qu’interdite par la loi, était la normalité.Entretemps les enfants de ces émigrés étant nés sur le territoire étaient tous Français, ils avaient l’éducation française, la culture française, les valeurs de la laïcité, de la République. Mais les Français ne le réalisaient pas. Dans le vocabulaire ils étaient toujours des émigrés.Ils se trouvaient que ces enfants d’émigrés étaient dans les banlieues pauvres. Alors qu’au XIXè on disait « classes laborieuses classes dangereuses », maintenant il était mis la dangerosité non sur la situation sociale mais sur une teinte de peau, une origine. Il se trouvait que ces classes laborieuses étaient venues d’ailleurs. On oublia aussi qu’il avait été fait le même sort aux émigrés de l’intérieur, qui eux aussi avaient des accents bizarres à l’oreille des Parisiens, des mœurs dérangeantes. Il y a encore à Paris les quartiers d’émigration intérieure telle autour de la gare Montparnasse pour les Bretons.Années 90 en Bosnie les Serbes ne supportaient pas la religion de Mohamed. Puis à partir du 11 septembre le racisme est devenu la normalité mondiale. Le racisme s’est transformé en haine contre tout musulman, assimilant les musulmans aux Arabes. Ces musulmans étaient dans le raisonnement général tous des terroristes en puissance. La guerre en Irak, en Afghanistan (pas des Arabes mais des musulmans). Les habitants des pays d’Occident vivaient dans la peur quotidienne.La conclusion que tous avait tiré de leur fantasme : les Arabes sont des humains non égaux aux autres, des humains qui ont besoin de régimes forts pour les tenir, de dictatures pour lutter contre ce danger permanent : les intégristes toujours une bombe dans la poche ou le couteau… et d’ailleurs tout le monde savait qu’il y avait des camps d’entrainement de bombe humaine un peu partout dans les pays Arabes (faisant toujours la confusion entre Arabes et Islam).Alors oui je pleure depuis les nouvelles de révolution en Tunisie et en Egypte (qui j’espère vont s’étendre dans tout le monde arabe) parce que le miracle arrive. Enfin ils se réveillent, enfin la jeune génération montre ce que sont des musulmans, ce que peuvent être des Arabes : des humains égaux à tous les humains sur terre, des humains avides de démocratie, des citoyens qui connaissent les droits de l’Homme, des Humains instruits, organisés qui restent vigilants contre des minoritaires qui voudraient faire le jeu des dictateurs ou faire perdurer cette fausse réputation.Vidéo de l’Afp : Solidarité entre voisins pour se protéger des pillards (quick time player que je publie séparément…)France 24 titre Les Égyptiens bravent le couvre-feu, Moubarak cherche l’appui de l’armée

Les manifestants, au septième jour de violentes protestations qui ont fait plus de cent morts, ont promis de résister jusqu’au départ du président égyptien Hosni Moubarak. Le sort de ce dernier semble dépendre à présent de l’armée.

Et voici une pétition de soutien au peuple EgyptienIci Berlin nous propose d’aller regarder les infos en direct Aljazeera

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