Finalement nous n’en n’avons pas fini avec les retraites, nous sommes des têtus qui savons ce que nous voulons et ne voulons pas. Tout ça sent le roussi, le gouvernement voudrait nous faire prendre des lampions pour des couvertures pérennes de nos retraites, dans un brouillard et mensonges de non-dits et de dits pas clairement. Ça me ronge les sangs, ça m’énerve, des fois ça me décourage, mais voyant que le peuple de France n’est pas dupe et continue d’une manière ou d’une autre à faire entendre au gouvernement sa manière de voir et de faire.Les médias diraient-on, à certaines heures, ou certains journalistes moins couards ou soumis que les autres, remettent les infos à l’heure ces jours derniers. Par exemple hier sur France-Inter à 19h ils reparlaient de la contestation de la retraite qui continuerait, sur la 2 au 20h ils ont osé dire que Thibault contesterait encore… comme si ce n’était pas plutôt sa base qui refuse de poser là ses revendications.Sur la 2 dans Complément d’enquête, Benoît Duquesne nous a, le 1er novembre, fait un bilan des Français qui ne se soignent plus par manque de fric, les remboursements de la sécu se faisant rares ou si minuscules, en particulier pour les dents ou les lunettes. Il nous a montré des travailleurs (bon c’est un mot démodé mais comment les appeler autrement ?) ayant des salaires autour de 1100/1300 €/mois sont avec des bouches à faire peur… et même empêchant de trouver un emploi : ça la fout mal d’être pauvre et laid avec des trous dans la bouche, ça parait sale, alors que c’est juste une question de manque de moyens. Présentation de l’émission :
C’est le signe d’une France qui souffre et s’appauvrit : l’an dernier, 23 % des Français auraient renoncé à des soins médicaux pour des raisons d’argent.Dépassements d’honoraires, frais dentaires mal remboursés, tarifs des mutuelles à la hausse… Se soigner coûte de plus en plus cher. Avec la crise(1), beaucoup de Français sont désormais obligés de retarder leur passage chez le médecin.Dans les quartiers populaires, les généralistes sont en première ligne face à la misère et ils constatent une dégradation alarmante de la santé de leurs patients.En banlieue parisienne, alors qu’on croyait ce fléau terrassé à jamais, le retour de la tuberculose inquiète les autorités. Et dans les classes moyennes, qui n’ont pas droit à la CMU, ce sont les soins dentaires que l’on sacrifie.Complément d’enquête sur ces malades qui n’ont plus les moyens de se soigner.
(1) avec la crise comme ces mots sont pudiques, plutôt que de dire franchement : avec un gouvernement qui entend réduire la redistribution, privatiser au maximum, les pauvres il s’en fout et ce n’est pas la crise qui est en cause dans l’histoire mais la privatisation en vu.En catimini de faire passer un minimum de 30 € de contribution pour les étrangers sans-papiers, qui n’ont aucun moyens de payer des soins médicaux… au risque qu’ils ne se soignent plus du tout (déjà que sans papiers ils ont peur de se faire évacuer) et ainsi de propager des maladies diverses et contagieuses dans des foyers infâmes. L’Humanité (le seul journal qui en fait état à ma connaissance ) :
Le Parti communiste français (PCF) a jugé mercredi que la restriction de l’accès à l’Aide médicale d’Etat (AME) par l’instauration d’un droit d’entrée à 30 euros était une décision « cynique » et « irresponsable » qui « entache la représentation nationale ».L’Assemblée nationale a restreint mardi l’accès à l’AME, couverture médicale gratuite prévue pour les étrangers en situation irrégulière aux faibles ressources, les députés UMP instaurant notamment un droit d’entrée de 30 euros. »Cette décision, cynique car elle s’attaque en priorité à ceux qui n’ont rien, est aussi particulièrement irresponsable » et « entache la représentation nationale », écrit le PCF dans un communiqué. »Les spécialistes des questions de santé le disent : ce sont les plus fragiles qui sont d’abord touchés par les maladies contagieuses comme la tuberculose. Les priver de soins, c’est favoriser le développement de ces maladies », fait-il valoir.
Prenons des extraits du billet long et détaillé de Frédéric Lordon sur les retraites :
On admirera donc l’habileté de la manœuvre qui donne pour une défense et illustration de la retraite par répartition une entreprise de promotion particulièrement insidieuse de la retraite par capitalisation.(…)(…)la stratégie de la paupérisation préalable et délibérée des services publics se montre autrement plus efficace puisqu’il n’est en effet pas de plus sûr moyen de jeter les usagers dans les bras des opérateurs privés que d’avoir auparavant méthodiquement dégradé les prestations des opérateurs publics.(…)(…)Après le service de l’emploi, le transport ferroviaire, la poste, bientôt l’éducation et puis la santé, la retraite n’échappe pas à cette unité de vue stratégique, (…)mesurée en tout cas à l’aune de ses enjeux financiers – 230 milliards d’euros au bas mot en 2006 tout de même, 420 à l’horizon 2030 dixit le COR(…)
(…)constatant le devenir peau de chagrin de sa retraite, et faute de pouvoir payer la sur-cotisation de répartition qu’il appellerait de ses vœux, il n’aura pas d’autre solution pour échapper à la retraite misérable que d’aller mettre, contre ses propres principes, quelques picaillons dans une caisse quelconque… de capitalisation.(…)
Les mots de Frédéric Lordon ne laissent aucun doute. Vous y mettez le petit doigt et c’est le corps entier qui y passe… dans la privatisation.L’école publique devenant infréquentable par manque de personnels, les classes moyennes la désertent, n’y restera bientôt plus que les pauvres entre eux. La Poste… les hôpitaux qui n’existeront bientôt plus que dans les villes et régions riches… les pauvres n’ayant plus qu’à mourir plus tôt faute de soins. C’est le contraire qu’il faudrait faire : que les services publiques soient plus abondants dans les coins pauvres (y compris la police plus nombreuse à Neuilly que dans le 93) financés par la redistribution de tout le territoire vers les plus démunis.