Tannhaüser, Wagner, Acte I, Ouverture[dewplayer:http://www.penseelibre.fr/wp-content/uploads/2010/04/Wagner Tannhauser Overture.mp3]
Dès que je m’ennuie quelque part je décampe
comme je la sens mienne cette phrase, comme je la pense et l’exécute un peu trop souvent au gré de ceux qui me jugent,
qui me critiquent quoique je fasse
folle, instable, insécure, hors norme, insaisissable, mais pas suffisamment à mon gré, bloquée que je suis pour des raisons toujours insupportables à mon sens.Elisabeth d’Autriche par la voix de Romy Schneider dans le film de Luchino Visconti « Ludwig ou le crépuscule des dieux » prononcent ces deux phrases et tant d’autres que je fais miennes, elles me rappellent mes ressemblances, mes évidences, quand il s’agit de cette femme. Oh la ressemblance ne se place que sur le plan mental, aucunement sur les finances ou le physique ; Luchino ne les a pas inventé, elles collent parfaitement au personnage.Dans ma bibliothèque une absence pour cause de prêt non rendu : « Les indomptables » qui décrit 4 femmes que les auteurs identifient anorexiques, Elisabeth d’Autriche parmi elles. Rien à voir donc avec la série de film des années 1950.Elle fuyait une cour rigide et une belle-mère conventionnelle, une convention qui lui vola ses enfants. Elle fuyait en marchant des heures durant, elle fuyait en parcourant l’Europe, sa France, son Italie, sa Grèce bien aimées où elle se sentait plus elle-même. Elle cherchait un lieu qu’elle ne trouva jamais et qui eut été son chez soi, mais elle ne le pouvait, ce lieu n’existant pas.Elle eut été homme, eut-elle pu choisir son destin plus facilement ? C’est bien la question finalement.Toute la famille était dite « folle » sauf son mari François-Joseph, qui vécu pourtant bien des drames dans sa vie, dont surtout la désintégration de son empire. Etaient-ils réellement fous ? ou simplement mal dans la fin de siècle, pas à leur place, trop tôt arrivés dans l’Histoire, Freud pourra nous le dire plus tard, quoiqu’à ma connaissance il n’analysa pas précisément leurs cas, mais plutôt une société guindée qui fabriquait des névrosé(e)s ; finalement n’est-ce pas le cas de chaque société où et quand qu’elle se place ? De nos jours ce doit être la pauvreté imposée à une partie de la population des pays riches.Un autre fou, Louis II de Bavière, qui souffrait d’une autre sorte de folie : homosexuel, impensable dans une Europe corsetée, impratiquable pour un catholique pratiquant, il mourut vierge… de pratique féminine ou d’hommes ? je ne sais.Pour baigner l’ambiance un compositeur excessif en tout, Wagner, qui scandalisa même Louis II pour cause de dépenses excessives, qui lui-même construisit des châteaux honnéreux qu’il nous laissa pour notre plaisir, mais surtout pour avoir osé être coupable d’adultère. En quelque sorte il choqua Louis II d’avoir une sexualité pour son plaisir plutôt que par son devoir, ce qu’il n’osa lui-même réaliser.Luchino nous montre bien ce qu’il en fut, comme il nous montra la souffrance mentale avec « Mort à Venise », ses personnages ont du corps, de l’âme, on les toucherait comme ils nous touchent et nous attachent, nous sommes eux, ils sont nous… à d’autres époques et d’autres places. « Le guépard », pour mon avis, était plus éclatant, moins tangible, sont-ce les acteurs qui font la différence, ou une sexualité qui lui est moins proche ?