Que tous ces hommes de pouvoirs qui se trouvent gaullistes depuis des décennies semblent dérisoires. C’est à celui qui haussera le mieux le menton pour s’en trouver le juste héritier. Qu’un même homme, Sarkozy, se revendique de tous à la fois fait montre d’un vouloir tout embrasser et donc mal étreindre. À son actif il revendique rien moins que :
- de Gaulle
- Jean Jaurès
- le parti communiste en la personne de Guy Moquet
- … mais il n’osera pas revendiquer Mitterrand… contradictions… ce dernier étant pile entre le premier et les deux autres et qui a eu le tord majeur de ne pas nommer une constituante pour une 6è République on s’en porterait mieux ces temps-ci à n’en pas douter.
Comme je suis plongé dans les écrits divers de Mendès France ces jours-ci, et qu’il est fort oublié à mauvais escient car il fut honnête jusqu’au bout, c’est si rare pour un homme politique. Les gens « trop » honnêtes ne briguent pas suffisamment le pouvoir alors qu’ils pourraient rendre de si grands services à la nation…Voici la conclusion d’une étude que fait Pierre Mendès France dans La vérité guidait leurs pas, NRF 1976, et qui englobe justement les revendications des successeurs :
Si l’on s’interroge sur ce qui restera (…) de son second passage au pouvoir, il faut reconnaitre que de Gaulle n’a rien préparé pour éviter que l’ambition ne s’en effondre avec lui. Le parti qui se définissait par la fidélité inconditionnelle à sa personne se contente, parmi les improvisations dictées par la volonté de demeurer coûte que coûte au pouvoir, d’une autre fidélité, déjà acquise, quoique moins affichée, aux intérêts que défend toujours la droite, ceux du grand capitalisme national et de ses associés de l’extérieur.(…) L’appel de Londres, dans des circonstances exceptionnelles de la guerre, bénéficiait de cette légitimité profonde dont la Résistance assura l’intérim. La paix revenue, de Gaulle, n’aurait pu demeurer lui-même qu’avec l’appui des forces de progrès, alors pleines de foi et d’espoir. Bientôt séparé d’elles, parce qu’au fond il ne les aimait pas, il s’est contenté plus tard d’un pouvoir mi-consenti, mi-imposé et, malgré le temps qui ne lui fut pas compté comme à ses prédécesseurs, sans efficacité durable, ni au-dedans ni au-dehors. Ce qui se fait hors d’une union intime avec la nation ne la sert pas, ne l’élève pas, n’en améliore pas la condition, et d’ordinaire, ne survit pas.Durera, au contraire, le souvenir d’une époque qui fut pure (…) nous saluons celui qui (…) anima le combat pour l’honneur et pour la liberté.
Que voilà des paroles en contradiction totales avec l’amour général qui emporterait les suffrages universels dédiés sans cesse à cet homme que fut de Gaulle. Ouf on se sent mieux, car durant sa deuxième venue au pouvoir que de voix de contestation s’étaient élevées, on l’oublie trop, c’est comme une trahison à l’Histoire de France.