Dans les années 50 le parti communiste ne s’investit pas contre la guerre d’Algérie (1). Il fallut que des circuits et liens se forment contre son avis, il n’y eut guère que le PSU qui défendit la désertion.
Puis à partir du milieu des années 60 se forma les premiers comités contre la guerre du Vietnam.On ne savait pas qu’ils seraient les premiers lieux de militantisme contestataire en-dehors du parti communiste. Peut-être que c’est à cause de cette autonomisation que le PC nous tapaient dessus durant les manifs : on se permettait d’être très à gauche hors du parti communiste et de plus défendant une cause qui rallia le monde entier… le parti communiste demandait la paix, nous demandions plus : l’autodétermination des Vietnamiens.(drapeau du Vietnam coupé en deux) C’était une bonne base de formation politique : militantisme de terrain, théorisation de la guerre impérialiste.
Durant la décolonisation de l’Afrique par la France on n’entendit peu le Parti communiste. Etait-il vraiment international ? Où était le mot d’ordre « prolétaires de tous les pays unissez-vous » qui ralliait les foules ? Commençait à l’insu de tous, une perte de contrôle du parti communisme dans ses instances militantes qui devaient tout couvrir. La parti communiste était un collectif, une famille, on pouvait tout y faire : mouvement des femmes, sorties, éducation populaire, éducation et distraction des enfants (colonies de vacances, Pif), maisons d’édition, journaux, comités de locataires, secours populaire, mouvement de la paix. L’exclusivité se fissurait.
S’ouvrait une nouvelle société où la jeunesse revendiquait le droit de cité. Jusque là la jeunesse n’était pas une entité pensante, agissante, ayant ses propres revendications et besoins. La société de consommation, elle, l’avait bien compris en dirigeant ses publicités vers ce nouveau segment.
Commença une révolution des mœurs : féminisme, homosexualité, avortement, femmes de la classe moyenne qui font des études et travaillent (2) ce qui leur donne une autonomie. Je me souviens de mon choc quand je lus que Jeannette Vermeersch, épouse de Thorez, était contre la pilule. Son argument était qu’il fallait que les femmes ouvrières fassent le plus d’enfants possible pour que la classe ouvrière soit majoritaire.
Au milieu des années 70 une crise du capitalisme changea tout : le plein emploi ne fut plus la règle, la redistribution du capital et des salaires changea de sens. On commença à fermer des centres de domination ouvrière, le chômage commençait…(vous pouvez cliquer les graphes pour agrandir). Auparavant la CGT était le bras exécutant de la théorie du PC, des divergences de terrain se firent jour, la CGT commença à s’autonomiser. Le PC perdait sa domination là aussi.
Si on fait le bilan fin des années 70 des pertes d’influence du PC depuis les années 50/60 :
- affaiblissement idéologique par la chute du stalinisme et la découverte (!) des exactions du Goulag et du KGB (qui a été traité dans le premier article)
- perte d’influence dans la jeunesse qui cherche de nouveaux repères
- autonomisation d’actions et d’organisations militantes durant les années 60/70 qui furent des périodes de très fortes politisation de la société durant lesquels le PC n’eut aucune influence
- crise du capitalisme milieu années 70 qui fragilise la classe ouvrière et ses représentants
à suivre…
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(1) Il m’est très difficile d’exclure mon histoire personnelle de ce déclin, j’en fus partie prenante. C’est donc à partir de mon vécu que je me décide à le décrire. De plus j’ai lu diverses analyses faites sur le net qui n’ont aucune vue d’ensemble mais seulement de particularisme
(2) les ouvrières ont toujours travaillé, mais leur ambition était de rester au foyer comme les bourgeoises, elles commencèrent à revendiquer leur autonomie financière et donc du reste.