C’était dans un magasin « de proximité ». Nous parlons de choses et d’autres… puis arrive la crise si je puis dire. Au détour de la conversation j’avais bien entendu qu’elle me parlait des clientes qui « sont à l’aise » « n’ont jamais travaillé » « qui ont du temps pour elle » que « quand on travaille c’est pas pareil » . Je glisse deux trois mots comme je peux sur les retraites, celles qui ont commencé à travailler à 15-18 ans. À vrai dire je ne sais si cette femme, fort sympathique par ailleurs, est patronne ou employée du magasin.
Humeur sur la rigueur et de la BCE. Elle me dit que ses impôts ont doublé, alors que ses revenus n’ont pas vraiment bougé me semble-t-il. En tout cas pas dans une telle mesure… était-elle dans ceux qui ont cru que Sarkozy… ou le croit-elle encore ?
Comment échapper à la politique ? moi j’ai bien du mal dans ces cas là. Je m’y hasarde sur la pointe des pieds. J’ai toujours peur des propos racistes qui peuvent arriver dans le détour de ce genre d’échanges. Arrive la triche… des pauvres. C’est pas mieux. Et là je dis que je suis en colère constante, qu’en vieillissant ça s’est pas arrangé, et que ça tient en forme.
Calmement je dis que des tricheurs il y en a partout. Elle opine. Je prends en exemple Johnny qui a fait sa carrière grâce aux Français à personne d’autres et qui refuse de verser au pot commun. Ensemble nous citons les footballeurs qui nous représentent. Puis je « saute » à Total qui ne paye pas d’impôt.
Mais tout ça ne me dit pas si elle est de gauche ou de l’autre côté. Elle finit par dire que les socialistes – « Ségolène » dit-elle -, ne sont plus de gauche. Alors sans doute l’est-elle. Point sûr. Elle peut comme tant d’autres avoir viré de l’autre côté.
Je dis que j’écoute toujours bien attentivement les politiques. Je rajoute « sauf Copé » avec un geste par dessus ma tête. Elle opine. Mais opine-t-elle finalement par politesse ou pour autre chose ? Et que l’autre jour j’ai écouté Marine Le Pen. Et que j’ai bien compris qu’elle se rallie à la droite… mais n’ai pas précisé laquelle. Je ne sais si elle entend UMP, qu’elle disait, eux, unis, pas la gauche.
Alors j’y vais bon train d’un coup : il y a le Front de Gauche où je suis maintenant. Lui est de Gauche. Et quand on a voté (opination à nouveau) NON on sait pourquoi.
… et je conclus en disant que « nous sommes en démocratie » , sous entendant qu’on peut avoir des idées divergentes sans se fâcher. Parce que cette femme m’est très sympathique et que j’aimerai la revoir, mais j’ai aucune raison, elle vend des trucs que j’achète 1 fois tous les trois ans.
Propagande de ma part ? je ne sais. Convaincre des gens en quelques phrases est laborieux. On risque toujours que ça foire à un tournant. Dans une boutique on risque qu’un client rentre et fasse foirer ce délicat chemin d’échanges.
J’ai très envie de continuer. Je ne fréquente aucun bistrot. Je n’ai plus de collègues de boulot. Et j’ai besoin de dire des trucs aux gens dans les rues…
Passants ou habitués si vous avez des suggestions…
Dans un autre magasin j’achète un baume du tigre que je trouve d’un prix ouahh… je dis : ça fait un choque quand on a l’habitude de l’acheter sur place. Le prix doit être multiplié par 10. Je lui précise que je ne l’accuse de rien… et j’en rajoute une couche sur les prix des jeans. Qu’ils pourraient être à 17 € ceux qui sont vendu 500 €. Et même que
fabriqués en France ils seraient à ce prix. Une autre cliente était présente. Un silence glacé fut la seule réponse… je rajoute que mes informations n’ont rien de révolutionnaires elles viennent de France-Inter… silence encore. Le silence hurle. Celles là elles en ont rien à faire de ces vols… je ne retournerai plus jamais dans ce magasin. Ces bonnes femmes de la classe … qui se croit supérieure aux autres… beurk. Au fait c’était un magasin bio… décidément les écolos.