La fidélité à soi-même, être de gauche

Dans un mois mon 69 ème anniversaire. Je déteste. Pas à cause de l’année qui n’est que les jours en plus au fil du temps qu’on « célèbre » tout à coup, mais parce qu’il se situe en jours déclinants, l’entrée en hiver. Tout au long de ma vie cette arrivée m’a foutu le bourdon, pour moi c’est le noir, la mort, comme si tout allait s’arrêter inéluctablement.`

Je suis de moins en moins en apprentissage de moi-même et des autres, même si j’ai, constamment, des étonnements et des émerveillements de la vie qui m’est joie constante, j’aimerais tellement qu’elle ne finisse jamais… mais c’est parce qu’elle finit un jour que je l’aime tellement.Je me retrouve sans cesse avec les mêmes défauts pour lesquels il me faut me faire une raison : je ne les corrigerai jamais, par contre je ne perds pas non plus mes qualités qui m’attachent à mes plaisirs et/ou obsessions. C’est curieux d’ailleurs comme ce sont toujours les mêmes depuis… comment dater ? mes 20 ans comme il est le plus souvent fait référence par les vieux, ou avant ? je pense qu’en fait c’est depuis la naissance. Par exemple j’ai toujours été désordonnée, après maintes et maintes réprimandes à moi-même, réorganisations pour l’éviter, rien n’a y faire, je suis ainsi, et pourtant très organisée, rien là de contradictoire, tout autant qu’étourdie parce que j’ai toujours mille choses en tête en même temps. Ce qui me déprime vraiment est le non-évènement qui amène l’ennuie ce qui est pour moi le pire qui puisse m’arriver au quotidien (en faisant abstraction des traumatismes).

On nait dans un milieu social précis, avec des modes de pensées et d’êtres. On n’est par contre pas forcément en accord avec. Et on le sait très vite. Je me suis longtemps identifiée au vilain petit canard (ce doit être suffisamment habituel pour qu’un conte ait été fait) : il fallait bien que je me rassure sur ma différence qui ne pouvait qu’être positive.Parmi les constantes la politique. Et pas n’importe laquelle. Vers l’âge de 30 ans je me demandais si je serai une vieille aigrie réac, et bien non, j’en suis toujours au même point. Pas changé d’un poil finalement. Même si j’ai du m’adapter aux partis ou/et homme/femme politiques les représentants le mieux au fil des événements, de l’évolution de la France, de la civilisation (qui a sacrément changée en 69 ans je vous prie de croire, par exemple j’allais chercher le lait à la ferme dans une banlieue jouxtant Paris). J’ai un peu trop rêvé à l’Humain années 70, qui était comme un dieu qui remplacerait celui auquel je ne pouvais plus croire. Puis des désillusions arrivèrent avec le Chili, l’Argentine, avec en toile de fond la victoire au Vietnam… mais les boat people.

Quelques mots sur la Révolution de 1949 en Chine, très controversée par ignorance de son Histoire en France. Son régime actuel dit communiste a pris un visage associant le pire libéralisme (mais le libéralisme respecte-t-il l’Homme ailleurs ?). Je fis « connaissance » avec la Chine par Pearl Buck lu durant mon enfance, je ne pouvais donc qu’être pleine d’espoir en cette révolution… qui fit des camps et des millions de morts. Fut-elle mieux ou pire que les famines, les déchirements internes, les interventions extérieures ? Actuellement la Chine, tant vantée sur la planète, n’a que 18 % du PIB mondial alors qu’elle est la 2ème superficie du monde, et la 1ère en peuplement. Elle a été la 1ère puissance mondiale durant plusieurs siècles en particulier par ses inventions (dont les pâtes dites italiennes). Son déclin commença par l’obligation faite par la Grande-Bretagne au milieu du XIXè à la consommation de l’opium, s’ensuivit des guerres intestines, puis le Japon qui l’envahit à partir de 1932.

Puis je pleurais devant l’image dévoilée de Mitterrand en 81. Depuis, qu’il est difficile de trouver ses assises, que j’ai retrouvé pour le Non au traité européen, par la croyance en une Europe redistributrice, tout autant que Mendès-France comme des pas perdus nous le montre si bien.

C’est pourquoi dans ma présentation sur twitter j’ai inscrit :

fidèle à notre devise nationale, épouvantée par la politique actuelle, espère en un monde plus juste

j’espère donc ne plus être épouvantée pour bientôt, à moins que ce soit ça l’effet du changement de civilisation et de ma non-adaptation : la fidélité idéologique. Allez pour la fin j’avoue : en plus je suis généreuse, j’ai le sens du collectif et je crois en la parole donnée, il me semble être très démodée.

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