Face aux chiffres rendus publics sur la mortalité des femmes à la rue :
- âge moyen de la mortalité des femmes à la rue : 44 ans (rappel de l’âge moyen de la mortalité des femmes en France : 84 ans)
je ne peux m’empêcher de me souvenir comment j’ai tenu hors de la rue, toujours au bord de la chute, entre février 1999 et 2002 [1. date approximative car il n’y a pas eu un jour où j’ai pu dire « je ne risque plus rien maintenant je suis à l’abri« ], à l’âge donc de 57 à 61 ans, ce qui m’a aidé à me battre envers et contre tout :
la parole renouvellée d’un sdf : si vous tombez vous mourrez rapidement, les femmes sont violées systématiquement,
et il est bien dit sur les médias que la cause majeure de cette « jeunesse » de la mortalité des femmes à la rue est du aux viols systématiques.Merci à ce SDF qui m’a tellement donné, alors que plus personne de ma connaissance [1. sauf 1 ou 2 personnes, à qui j’ai toujours évité de dire l’exacte situation dans laquelle j’étais : j’avais trop besoin d’un contact normal, d’égal à égal] ou de ma famille ne me connaissait, et m’avait abandonné.J’allais, durant cette période vers les SDF pour leur parler, échanger, je n’ai pas honte à dire qu’ils m’ont servi de repoussoir à la condition qu’ils vivaient, ils m’ont aidé à tenir debout, à me battre ; j’ai aussi dormi dans la rue quelques fois…