La structure de la société chinoise défavorisait l’industrialisation

Faisant suite à l’article sur la culture du riz qui essayait de faire une synthèse rapide du comment celle-ci freinait l’industrialisation, vient en appui encore dans ce sens la norme sociale et la hiérarchie de chacun dans la société traditionnelle chinoise (1).

Je répète qu’il nous est très difficile de pénétrer une idéologie ou philosophie qui est si différente de la notre, n’a pas les mêmes valeurs, buts, pouvoirs, hiérarchie, enfin tout le mode de pensée est différent. Aussi pour quelques articles d’environ 400 à 600 signes il me faut simplifier, mais je me dis que ce ne nous est pas inutile pour l’avenir de tous : ils essayent de comprendre nos normes (2), mais que de malentendus, en particulier sur les droits de l’homme ou les échanges commerciaux.

La hiérarchie de toute la société est comme un pyramide qui « monterait » jusqu’à l’empereur. Cette hiérarchie est sous-tendu par la philosophie confucéenne ou néo-confucéenne. Le taoïsme étant de conception plus irrationnel avec les valeurs du yin et du yang.

Famille. Elle est dirigée par l’aîné à qui tous doivent obéissance. Les passions humaines étant trop incertaines il fallait une structure du devoir. Cet aîné est dans l’obligation de ne jamais montrer ses sentiments, il parait austère, son autorité morale. Il est souvent en difficulté parce qu’il doit diriger des plus âgés que lui (frères de son père). Il est aussi la « victime » de son rôle puisqu’il doit montrer une rigidité austère. Dans le cas où il n’en n’est pas capable la famille est dans le plus grand désordre et sa situation financière mise en grand danger. Cette autorité était psychologique, normalement jamais physique. Tout était basé sur l’honneur des morts (ancêtres), briser cette autorité était infamant pour toute la lignée.

Et tout le reste des relations découlaient de cette hiérarchie (amis, relations, mariages) dans les villages les vieux sont nommés : grands-pères, grands-mères, oncles, tantes. Au sommet l’empereur qui est le fils du ciel.

Le fonctionnaire devait être un père et une mère pour ses administrés.

Division de la population selon sa catégorie sociale, dans l’ordre

  1. les lettrés
  2. les paysans
  3. les artisans
  4. les marchands

Les lettrés sont le plus souvent fonctionnaires, et les possédants des terres sont les plus souvent des lettrés. Les paysans viennent en second de la hiérarchie car sans eux point de nourriture pour la Chine. C’est rationnel. Les possédants des terre vivent à la campagne. Ils ne viendront en ville que par influence des Occidentaux qui ont pris concession dans les ports, vers la fin du 19è siècle.

Le savoir n’était pas d’ordre technique, mais sur la vertu, les rites, ils maitrisent l’écriture, ils créent les concepts abstraits et conseillent les empereurs, ils sont fonctionnaires. Mais ils doivent se garder eux-mêmes et prendre le moins de risque possible, autrement dit ils sont pour l’immobilité de toute la société, qui dura des siècles.

La Renaissance en Europe s’est faite d’abord par les marchands qui étaient libres, ils sont devenus la bourgeoisie, ils vivaient dans les villes, ils se sont enrichis puis ont initié l’industrialisation au fil des siècles.

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(1) livres de références (sans compter tous les autres livres, nombreux, dont la littérature, que j’ai lu sur la Chine) :

  • Histoire de la Chine, des origines à nos jours de John K. Fairbank et Merle Goldman, éd. Tallandier, 2010 pour la traduction française, 749 p.
  • Chine, culture et tradition, Jacques Pimpaneau, éd. Philippe Picquier, 1988, 380 p.

(2) mais « nous » jamais la leur, nous ne faisons que juger.

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