La violence faite aux femmes, progrès des plaintes, baisse des secours

Le médium le plus féministe en France serait-il France-Inter ? C’est par cette radio que je suis le mieux informée sur ce sujet. Rien sur la violence faite aux femmes sur le site OsezleFéminisme.fr. Leur campagne sur le clitoris est hors actualité et urgence. Leur position sur l’affaire DSK a tapé à côté en accusant d’emblée un présumé non jugé, manquant de la réserve necessaire et se rendant ainsi non crédible. Les femmes n’ont vraiment pas besoin de ça. Elles ont assez à faire avec toutes les injustices et violences quotidiennes qu’elles vivent.

Les conséquences du manque de financement du Samusocial dont on a été alerté par la démission de son fondateur Xavier Emmanuelli se portent d’abord sur les femmes. Le silence des féministes d’Osez le féministe est bruyant.

Le chiffre d’augmentation des plaintes n’est pas forcément une augmentation des violences, mais des femmes qui osent enfin porter plainte. Quand elles doivent fuir pour leur sauvegarde et celle de leurs enfants une famille qui les met en danger de vie, d’équilibre, de santé, le manque d’hébergement d’urgence c’est d’abord les femmes qui le subissent. Où va-t-on quand on est femme et en danger ? dans la rue ? ou on reste dans ce danger permanent faute de choix de se dégager d’un danger permanent quotidiennement et faute de ressources pour aller vivre dans un hôtel.

Pour qu’elles osent porter plainte c’est qu’elles se sentent moins coupable. C’est un chemin de progrès de notre civilisation. Voir et entendre sur les médias parler du viol d’un mari comme « pas normal » est un pas énorme. Combien de fois j’ai entendu dans ma vie, et finalement surtout dit pas des femmes, : « mais c’est son/ton mari ». Le mari était dans les consciences un maître de droit (divin ?) sur le corps de leur femme. Peu importe comment il satisfaisait ses pulsions, sa femme était là à sa disposition pour y remédier de toutes manières possibles sans doute… et pourquoi pas le mariage serait utile pour ça, calmer les pulsions des hommes ?

La dépêche de l’AFP

Un an après la loi sur les violences faites aux femmes, qui prévoit de protéger en urgence les victimes de violences conjugales, les logements spécifiques manquent pour les accueillir, selon les associations, inquiètes des effets de la crise de l’hébergement d’urgence.L’annonce en mai d’une réduction des moyens alloués au secteur de l’hébergement en 2011 a donné le ton: son budget va baisser de 3,3%, à 1,204 milliard d’euros, selon le secrétariat d’Etat au Logement.

En deux ans, 663.000 femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles au sein du foyer, selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales publiée mi-juillet.

Le plan interministériel 2011-2013 de lutte contre la violence faite aux femmes évoque aussi la création dans chaque département d’un accueil de jour spécialisé, censé permettre aux femmes de préparer éventuellement un déménagement ou une réinsertion professionnelle. Mais avec seulement 40.000 euros par département, les associations craignent que la promesse reste lettre morte.

Ma conclusion est toujours la même, contraire à l’idéologie ambiante, : le lieu des plus grands dangers est la famille, bien plus dangereuse que la rue.

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