Le bouc émissaire, Daphné Du Maurier

J’ai été séduite par le titre (1), mais fut bien déçue par ce livre… que j’ai malgré tout lu jusqu’au bout, pas sans peine. Mon choix premier en fait fut sur l’auteur, que d’habitude j’apprécie, tel Le général du roi qui m’a appris un morceau de l’histoire d’Angleterre ou Rebecca qui est un des livres qui fut mon préféré, et admirablement adapté par Hitchcock. Et bien dans ce livre, pourtant bien écrit ce qui m’a permis de le lire jusqu’au bout, rien d’intéressant dans l’histoire. Bien décevant.

Une histoire qui pourtant eut pu avoir un intérêt, mieux traitée.

Il s’agit de deux hommes qui se rencontrent par hasard dans un bistrot et constatent qu’ils se ressemblent au point de pouvoir les confondre. Croyant qu’une telle chose est absolument impossible dans la réalité, sinon par des liens de sang j’ai cru tout d’abord que s’annonçait une sombre histoire d’enfant caché/découvert… surtout avec le titre, mon imagination me porta donc sur un suspense de femme qui accouche en cachette, une femme qui aurait favorisé l’un de ses enfants aux dépens de l’autre… et bien rien de tel. Première déception.

L’un est comte, l’autre enseignant. L’un donc dans la faveur de la société, point l’autre. Mais le premier envie la vie tranquille du second. Il lui propose de prendre sa place. Aussitôt dit que fait.

Voilà ce pauvre prof devenu chef d’une famille trop grande, encombrante, parce qu’aucun de ses membres ne présentent d’intérêt, chacun tourné vers ses manies, le plus souvent égoïste. Vous me direz que c’est commun chez les humains, certes. Mais l’histoire n’en prend pas d’intérêt pour autant.

Finalement ce prof débrouille bien les choses, personne ne le découvre sinon les chiens, mais même pas la maîtresse du comte, ce qui me parait totalement invraisemblable, personne n’a pas même odeur (le chien le sait lui), n’a la même forme, ne fait les mêmes gestes, et je vous passe d’autres détails caractéristiques.

… la fin que je vous évite, n’a pas plus d’intérêt.

Ainsi Daphné Du Maurier, normalement la maitre du suspense, peut aussi être sans inspiration.

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(1) Phébus Libretto, 1996, 375 p., traduit par Denise Van Moppès

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