Le Front National détourne les ouvriers de la lutte des classes en leur désignant des boucs émissaires

En cela il est bien un parti de droite bourgeois. En rendant l’immigration responsable des problèmes économiques, discours répétés à l’envi par Marine Le Pen sur tous les médias, dans tous ses meetings, elle détourne l’attention des ouvriers de leur seule richesse : la lutte des classes, la solidarité entre tous les exploités par le patronat. Les immigrés en étant les plus exploités forment le volant de flexibilité puisqu’ils sont les plus corvéables à merci, sans papiers ils sont encore plus fragiles entre les mains des patrons qui les importent pour cette raison depuis des dizaines d’années.

C’est la même stratégie que Sarkozy qui détourne de ses échecs permanents depuis sa venue à la présidence en désignant les pauvres, les musulmans, les Roms, les banlieues (filles et fils de seconde et troisième générations).

Ils ont la même stratégie, ce n’est pas neutre, ce n’est pas pour rien. C’est le même but.

La grande ambition de Marine Le Pen est de prendre la tête de la droite. Sarkozy se bat becs et ongles avec elle pour être sûr que ce mauvais tour ne lui arrive jamais. Lequel va perdre, lequel va gagner dans ce jeu ?

Il y a toujours eu des ouvriers de droite, croyant le plus souvent qu’il fallait que les choses soient plus faciles pour les patrons pour qu’ils aient un boulot, ils se trompent certes, mais ce n’est pas nouveau. Dans les derniers sondages il était clair que si jamais Marine Le Pen n’avait pas le nombre suffisant de signatures et ne pouvait se présenter, ses électeurs potentiels se tourneraient aussitôt vers le plus à droite possible restant : Nicolas Sarkozy.

Alors arrêtons de clamer que le Front National est le parti ouvrier de France.

Par contre le premier parti ouvrier est l’abstention, phénomène le plus courant dans les banlieues.

Les ouvriers et les salariés ont vu les preuves que le Front National n’est pas de leur côté durant les grèves et manifestations contre la réforme des retraites : il brillait par son absence. Et dans les médias Marine Le Pen clamait que tous ces manifestants étaient des émeutiers qui devraient rentrer chez eux. Elle a beau jeu de maintenant essayer de redresser sa position en devenant tout à coup (la lumière lui fut très récemment sans doute) pour la retraite à 60 ans… mais après le nombre « normal » d’années de cotisations, soit une impossibilité.

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