Le passage du relais d’une génération l’autre

Il vous apparait, vous générations qui nous succèdent (1), que peut-être en vieillissant nous nous sommes radoucis, nous arions droitisé nos positions, nous serions un frein à vos enthousiasmes. Mais tous vos enthousiasme ou illusions nous les avons eu avant vous, et les épreuves de l’Histoire nous ont appris quelques petites choses les concernant. C’est ce qu’on peut essayer de vous transmettre : les souvenirs historiques que nous avons vécu comme des traumatismes définitifs à nos rêves.

Pour tous ceux qui sont persuadés que la révolution tombe comme un fruit mûr dans une crise politique et économique mondiale telle que nous la vivons, ils seraient bien qu’ils retombent sur terre c’est toujours plus hard que le ciel et les petits oiseaux.

Je n’ai pas oublié que le mouvement de 1968 fut – presque – international : Mexique, Italie, Allemagne…

Je n’oublierai jamais le Chili et l’Argentine qui fut un coup violent dans nos espérances des années 70, et qui contribuèrent à faire retomber violemment l’espoir rose dans lequel nous vivions à l’époque. Le Cambodge en a « rajouté une couche » et la victoire de la guerre du Vietnam n’a pu « racheter les reste ».

Des souvenirs comme ceux-là on peut essayer de les transmettre aux générations qui nous succèdent. Il serait pas mal que des fois ils sachent que nos raisonnements ont des bases d’expériences cumulées. On croyait à toutes ces thèses dure comme fer à l’époque.

Des tas de gens des générations actuelles ont remis toutes ces thèses léninistes à jour, oubliant, ou faisant totalement fi, nous pensant, sans doute des vieux ronchons, ou qui avons tourné droite en vieillissant, comme ils pensent que c’est normal, de ce qu’on peut en dire et le mettre en pratique dans notre vie présente de militants. J’ai appris que le léninisme conduit au stalinisme et ses frères. C’est Lénine qui a commencé à exclure tous les autres courants, ne gardant que le sien : les Bolcheviks. Il a exclu : les Socialistes Révolutionnaires, les Mencheviks et tous les non organisés. C’est dans la racine du communisme d’URSS. On connait la suite, et on en a vu ses effets partout ailleurs, dans tous les partis s’en réclamant.

Je n’ai plus aucune thèse globalisante, d’autres en ont : Naomi Klein nous propose une thèse, comme avant elle, Francis Fukuyama proclamant la fin de l’histoire (qui permit d’assoir le libéralisme), Samuel Huntington à propos du choc des civilisations (qui eut pour suite la guerre contre les Musulmans). Actuellement ce serait grâce aux médias sociaux que les Arabes se seraient révoltés, moi je crois surtout que c’est l’éducation qui aide les gens à raisonner, et en particulier l’éducation des femmes (et donc leur libération) qui permet qu’elles élèvent leurs enfants avec les yeux plus ouverts. Et ces mouvements sont contagieux, Hessel n’en fut qu’un chainon

Naomi Klein sur Mediapart son interview sur Canal

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=_25mkbnfou0[/youtube]

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(1) je suis née en 1941, et j’ai été révolutionnaire (sur un petit nuage rose) années 60 et 70

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