La source des femmes, Radu Mihaileanu, encore une histoire de bonnes femmes oppressées par les hommes

Je n’ai pas du mettre les pieds dans un cinéma depuis une bonne dizaine d’années. Ai-je tord ? Pourquoi en effet payer un spectacle que je verrai plus tard gratuitement à la télé. Plusieurs films sortent chaque semaine je n’arrive pas à suivre. Soit tous les voir, soit aucun. De plus je ne crois plus aucun critique. À chaque sortie c’est l’encensoir qui est agité. À chaque fois on nous dit que ce film est exceptionnel, bien joué, bien mis en scène. Je ne crois plus personne. Donc pour être sûre de ne pas payer pour une séance qui serait catastrophique je reste chez moi.

Bien sûr j’avais entendu parler de celui-ci. Il a même reçu diverses nominations qui ne m’ont pas échappé.

Nominé Palme d’Or Radu Mihaileanu
Nominé Grand Prix Radu Mihaileanu
Nominé Prix du Jury Radu Mihaileanu
Nominé Prix de la mise en scène Radu Mihaileanu
Nominé Prix du Jury Oecuménique Radu Mihaileanu
Nominé Prix de la Jeunesse Radu Mihaileanu

À une réunion du comité de rédaction du journal local on m’informe qu’il est prévu une séance à 2€. Je m’inscris donc.

Nous voilà un groupe de femmes du quartier. Ces femmes sont pour la moitié voilées. Leur origine est marocaine. La salle ne contient que nous. En fait elle est au trois quart vide. J’apprécie aussitôt la photo, le jeu des acteurs/actrices. Je me sens concerné par le thème. Toujours et encore une histoire de femmes oppressées. C’est lassant ? C’est répétitif ? Mais réveillez-vous c’est notre vie quotidienne. Chaque pays ayant sa manière de nous traiter.

Il est normal en France que les salaires soient inférieurs de 30/20 % de celles des hommes. Personne ne s’émeut plus que l’Assemblée Nationale ne contienne que quelques femmes alibis.

Le pire étant que quand, dans le groupe de ces femmes avec qui, autour d’un thé nous avons des échanges sur le film, elles me répondent :

« mais c’est le pays des droits de l’Homme »… elles n’entendent même pas ce qu’elles disent elles-mêmes. Ou « mais il y a des femmes ».-, parlant de l’AN. Les salaires ? L’argument les laisse indifférentes.

On aborde le sujet de la virginité. Quand la phrase fuse « mais chez nous… » je coupe et explique qu’en France, il n’y a pas si longtemps… dans les années 50/60. Elles ne savent pas. C’est toujours la même histoire. Chacun pense que son cas est exceptionnel, alors que son cas est valable sur la planète entière. La mythe du pays des droits de l’Humain a la vie dure.

Finalement ce qui dit Sarkozy contre elles-mêmes ne les gêne même pas. Elles le prennent comme un épi phénomène, pas comme un danger constant. Elles ne savent pas que la démocratie n’est jamais définitive, qu’elle est toujours en danger, que notre devoir de citoyen est d’être vigilant chaque jour.

Le boulot d’éducation populaire est tellement énorme, que soit je baisse les bras… soit … mais je ne peux rien à moi toute seule.

Cependant il faudrait passer ce film dans toutes les salles de classe de la nation à partir de 12 ans. Ça remettrait à l’heure les imbécilités qui sont dites à longueur de gouvernement et médias sur l’Islam. Si seulement les gens lisaient les textes.
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