Pour être franche un récit de bataille m’ennuie ; il me semble bien à la lecture de ce chapitre Waterloo que c’est la première fois que je le lis, les autres fois j’ai du passer, comme plus jeune je passais les descriptions dans les débuts de roman de Balzac.Enfin je l’aborde, le début me fait penser à la description de la bataille d’El Alamo faite par Michener dans Texas, une grande différence les films [Rio Bravo, Alamo] sur cette bataille nous l’ont décrypter, à sa lecture nous pouvons revoir chacun des acteurs que nous avons admiré et aimé : John Wayne, Richard Widmark, Dean Martin, Ricky Nelson, Walter Brennan, rien de tel dans les films tirés des Misérables, ils ont du passer eux aussi, et nous montrer les champs de morts où officiait Thénardier. On retrouve dans les deux descriptions des lieux : un puits, un pan de mur, une porte imprenable, et pour finir un incendie, pour les deux batailles ces éléments, on se demande si Michener a copié sur Hugo, ou si toutes les batailles célèbres se déroulent dans ce genre de lieu Victor Hugo nous fait désirer, dans le III « le 18 juin 1815 » on se dit Ah enfin le feu de l’action arrive… ben non il s’agit là des forces en présence : les Anglais et les Français, et du temps, troisième acteur essentiel, il a plu dans la nuit du 17 au 18 juin, le terrain a besoin de sécher et donc la bataille devra attendre 11h45. Déjà quelques phrases de Hugo nous laisse présager de son sentiment vis-à-vis de Napoléon :
s’il n’avait pas plu […] l’avenir de l’Europe était changé, […]Il y avait du tir dans son génie […] Le fond de ce prodigieux capitaine, c’était l’homme, […]
plus loin des chiffres : Willington n’avait que cent cinquante-neuf bouches à feu ; Napoléon en avait deux cent quarante. Suit un questionnement sur le vieillissement de Napoléon Le déclin physique de Napoléon se compliquait-il à cette époque d’une certaine diminution intérieure ? suivit d’hypothèses. Et une affirmation qui rassure : Son plan de bataille était, de l’aveu de tous, un chef-d’oeuvre bien qu’on en connaisse la fin on ne peut qu’espérer qu’elle va changer cette fin.
Dans le V « Le « quid obscurum » des batailles », du divin est introduit, c’est le sort qui s’est acharné sur Napoléon. Le V « quatre heures de l’après-midi » on croit souffler, tout est joué, sauf un noeud, le centre de l’armée anglaise.
Puis Hugo fait diversion dans le VII « Napoléon de belle humeur » L’empereur, quoique malade et gêné à cheval par une souffrance locale, n’avait jamais été de si bonne humeur que ce jour-là. Depuis le matin, son impénétrabilité souriait. Le 18 juin 1815, cette âme profonde, masquée de marbre, rayonnait aveuglément. L’homme qui avait été sombre à Austerlitz fut gai à Waterloo. Les plus grands prédestinés font de ces contre-sens. Nos joies sont de l’ombre. Le suprême sourire est à Dieu.
Tout l’art de Hugo est là, en peu de mots on apprend : qu’il admire Napoléon, on le présentait, on en est sur ici ; qu’il ne faut pas avoir trop confiance dans son étoile, voire le contraire, Napoléon n’y crut pas à Austerlitz – erreur – il y crut à Waterloo. Il faut rappeler que les contextes furent très différents, pour Waterloo il avait été rappelé par tout le peuple de France, il voyait son avenir devant lui, à Austerlitz il en avait assez des coalitions toujours rassemblées contre lui et la France, il n’en voyait pas le bout, en fait il n’avait pas si tord que ça à Austerlitz, il avait seulement quelques années d’avance sur son pressentiment, et l’oublia à Waterloo, emporté par les émotions du peuple…
Blücher survenant, la mort au lieu de la vie. avec lui les si dont celui du temps L’action, commencée deux heures plus tôt, eût été finie à quatre heures, et Blücher serait tombé sur la bataille gagnée par Napoléon. Tels sont ces immenses hasards, proportionnées à un infini qui nous échappe.
Arrive le XIII « La catastrophe » La déroute derrière la garde fut lugubre. Je n’ai point envie de poursuivre après une telle phrase, pourquoi ? voir l’écroulement de tout, n’est-ce pas aimer la douleur que de la lire dans son détail ? Connaître les traîtrises des maréchaux, les faiblesses de l’armée, le sauve-qui-peut général ? encore une digression de Hugo de 3 chapitres sur Cambronne, lui non plus n’y arrive pas.à suivre…