L’excision, l’infibulation, 1 – en quoi elles consistent : descriptions, détails

En voyage je tombe sur des livres que je n’aurais pas cherché en France par paresse ou erreur de ma part. Celui-ci je l’ai trouvé en face de ma GH à Bangkok chez une Thaïlandaise où les touristes déposent les livres dont ils ne veulent plus pour des raisons diverses, il s’agit de :Le viol des viols de Pierre Leuliette, Robert Lafont 1980, et je n’en reviens pas qu’il m’ait échappé car j’étais libraire à cette date.Je vais commencer par un extrait qui décrit avec précision en quoi consiste l’excision et l’infibulation pratiquées depuis des temps immémoriaux en Afrique et pays musulmans ; âmes sensibles s’abstenir…ce qui serait dommage car c’est une réalité vécue quotidiennement par des millions de petites filles depuis toujours en Afrique noire, Somalie, Èthiopie, sud-Algérie, Ègypte, Arabie, Syrie, Iran, Pakistan et autres pays musulmans (aussi en URSS où Staline l’avait interdite) et je ne sais si les choses ont vraiment évolué 30 ans plus tard.

  • la clitoridectomie

sanglante consiste à trancher la partie extériorisée du corps clitoridien, avec le capuchon. Certaines opératrices possèdent une pince rituelle pour saisir l’organe. D’autres le font gonfler avec des orties pour mieux l’extérioriser. L’instrument est un couteau à lame large et plate, recourbé à l’extrémité. Le clitoris est tranché au ras de l’os pubien. Le couteau tranche aussi la jonction des nymphes (voir définition…§ANAT.) et du capuchon.La cautérisation du clitoris consiste à brûler avec un fer rouge ou un tison ardent. Le procédé est utilisé sur les nouveaux-nés ou sur les toutes petites filles.

  • l’ablation des nymphes ou petites lèvres

suit ou non la clitoridectomie sanglante. Chaque nymphes est tranchée à son insertion, de haut en bas, en s’aidant du capuchon désinséré comme tracteur.Toute hémostase rationnelle est habituellement omise, malgré l’hémorragie. Dans certaines ethnies on applique sur la plaie un emplâtre de débris végétaux, d’excréments d’animaux et de marc de café. L’opération dure plus de vingt minutes.

  • l’infibulation

réservée aux adolescentes, s’exécute après l’ablation du clitoris et des nymphes. Le bord interne des grandes lèvres est incisé sur les deux tiers antérieurs avec un couteau ou un rasoir. Ses bords cruentés, à vif et sanglants, sont cousus avec un fil (points séparés, surjet) ou maintenus l’un contre l’autre par des agrafes en épines végétales (acacias). Un petit tampon ou tuyau (bambou) introduit dans le vagin doit empêcher la coalescence des grandes lèvres devant l’orifice génital.L’enfant (la femme) est immobilisée sur le dos une douzaine de jours -baignant dans ses excréments – le temps que la suture prenne.

  • l’abrasion de la vulve

consiste à exciser l’ensemble des organes génitaux externes féminins : grandes lèvres, clitoris et nymphes.(…)Reste un type de « circoncision » plus brutal encore :

  • l’introcision

On élargit l’orifice vaginal, à la puberté, en le déchirant vers le bas manuellement ou en fendant le périnée à l’aide d’un couteau.

(…)la femme doit être décousue vive au soir des noces, le mari étant celui qui manie le couteau afin de s’assurer du bon scellement de l’épouse qu’il a achetée. Et la torture reprend à chaque accouchement pour permettre la dilatation du périnée si le débridage marital a été insuffisant. C’est la matrone (sage-femme) qui intervient. Habituellement elle recoud la suture après la délivrance et devra encore découdre ad libitum de sorte que la femme ne pourra avoir de rapport sexuel qu’à travers l’écran de sa terreur, le brouillard rouge et noir de la souffrance, toujours recommencée.

Et ce que je trouve le plus touchant, convainquant et admirable c’est que c’est un homme qui écrit ce livre, qui pousse un cri long de 347 pages dont je vais vous donner quelques extraits ou résumés dans un deuxième billet par là.

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