Mode du bronzage ou de la peau blanche

Bientôt les touristes vont prendre la route pour les vacances, ils ont pour but de devenir le plus bronzés possible pour leur retour, pas de bol pour ceux qui partent tôt en septembre ils seront blancs, les plus gâtés en cette matière sont les tardifs qui seront bronzés en octobre.

Le rapport avec la bombe atomique ? allez rafraîchissez vos mémoires… le Bikini. Il devait s’appeler Atome, et vu le succès de l’Amérique de sa première bombe dans l’atoll du même nom…

Faut-il rappeler que la mode de la peau bronzée n’est que très récente, paraîtrait-il qu’en Occident il viendrait du succès de Joséphine Baker, toutes les femmes enviaient la couleur de sa peau…puis vinrent les congés payés. Au même moment les médecins se rendirent compte que pour lutter contre la Tuberculose il était bon de se mettre un peu au soleil ; s’ensuivirent la culture du corps qui avant était réservé à la médecine, la gymnastique apparut dans les écoles début du siècle, le corps des femmes allaient s’offrir en spectacle, ce qui était du domaine du privé devint public avec tous ses aléas : mon corps était-il beau ? visible ? montrable ? le doute emplit chacun, le désir de perfection, voire d’atteindre la « beauté » des mannequins avec l’anorexie moderne (l’anorexie a toujours existé, son but est simplement différent ces temps-ci ; pour mémoire Sissi était anorexique et n’avait aucunement pour but de ressembler à des mannequins qui n’existaient pas à son époque) parallèlement l’économie de la beauté pris son essor : parfums, crèmes plus adaptées que la graisse à vache qui rancit.Toutes les peaux bronzent, les Africains prennent une couleur plus dorée qu’ils préfèrent (je vous parle pas des fous qui se passent des produits eclaircissant comme Jackson), les Asiatiques fuient le soleil.

Pour les Asiatiques la mode est restée à la peau blanche. Elle correspond à la culture : les paysans prennent le soleil, les lettrés enfermés restent blancs. Les seuls que j’ai vu fier de la couleur plus foncé sont les Khmers, sans doute pour se démarquer de leur deux voisins ennemis de toujours. Au Vietnam toutes les femmes se couvrent le plus possible.Sur les mobylettes elles couvrent leurs bras de gants qui montent au-dessus du coude, la figure est couverte d’une sorte de masque. J’ai mis un certain temps à comprendre, j’ai cru un moment qu’il était fait pour se protéger de la pollution de la ville. On voyait dans tous les marchés des piles impressionnantes de ces masques de toutes couleurs, impressions, epaisseurs. Ils sont plutôt des empêcheurs de respirer.

Sur la plage de Mui Ne les masseuses étaient couvertes du doigt de pied aux cheveux ; des chaussettes qui découpent le pouce pour permettre de mettre les tongs, des manches longues, des chapeaux couvrant et tenant le foulard qui couvre au maximum la figure, ne reste visible que les yeux ; l’effet n’a rien à voir avec ce qu’on ressent devant une femme voilée musulmane, on sent bien que c’est pour se cacher non du regard des autres, mais du soleil. Nous Occidentaux, nus (pas moi, je restais en short/tee-shirt) paraissions curieusement dénudés, les rares Asiatiques qui étaient sur la plage pour le plaisir et non pour le travail ne se dénudaient pas plus.En Thaïlande les femmes sont plus « naturelles », non qu’elles soient impudiques – comme les Occidentales qui sont habillées plus que légèrement même dans les villes – les cuisses, les jambes, la poitrine sont cachés.

Je pense que si les Vietnamiennes sont aussi accros à la blancheur c’est par l’influence persistante de la culture chinoise, j’aimerais savoir ce qu’il en ait actuellement dans la classe moyenne chinoise ?

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