27 ans. Comment peut-on mourir à 27 ans… le même âge que moi mais à l’envers (enfin pas loin). Regardant The Rose je me dis : je ne connais rien de rien à ce monde. Ce que j’en entrevis fut bien plus tard.
Elle en avait marre, elle voulait arrêter mais pour « les affaires » elle ne pouvait arrêter un an, on lui fit miroiter le fric qu’elle gagnerait… elle devait s’en foutre, mais ne pas savoir comment sortir de cette emprise… elle en mourut, bien sûr on dit que c’était l’héro trop pure… de toute façon se droguer, c’est comme les alcooliques, ils se suicident à petit feu, là ce fut un feu de trop.
Tellement de talents en firent autant ou tout comme. Ceux qui en ont réchappé par chance ont eu de la veine et le savent, ceux qui en ont réchappé par choix savaient ce qu’ils faisaient et s’en félicitent aujourd’hui, tout comme Higelin.
Moi à l’époque, années 60, j’étais engluée dans une vie qu’on m’imposait depuis l’enfance, essayant de me sortir de l’emprise qu’on me mettait… tombant… m’enfonçant… et finalement me désengluant. Mais pas pour avoir la vie de petite bourgeoise qu’on eut voulu que j’eus. Ils ne me pardonnèrent jamais, moi non plus. Ils me firent tout le mal possible pour me punir de n’avoir pas été soumise. Ils continuent encore tant d’années plus tard. Ils m’ont fait mal, terriblement mal.
Tous ils devaient bien avoir des souffrances terribles aussi pour se droguer, et ils avaient des dons exceptionnels, mais il faut les gérer, on peut être débordé par ses propres talents, si l’on n’a pas quelqu’un à côté qui veille et vous aide. Le monde est sauvage et la vie apprend à se gérer soi dans ce monde.
La chance énorme que j’ai eu c’est d’adorer la vie. Je l’ai bouffé de toutes les manières possibles, pour vivre, vivre, vivre. Renouveler la vie, faire de nouvelles expériences, de moi, des autres, des manières d’être et de vivre. Jamais je n’ai fumé un joint. Dans les cercles assis sur le sol je passais le joint à mon voisin. J’avais décidé que la dépendance à la cigarette suffisait comme ça dans ma vie.
J’inventais ma vie chaque jour. J’inventais les règles de ma vie chaque jour. Je mettais mes interdits là où je décidais moi, je mettais mes plaisirs là où j’avais envie de voir. Je fus passionnée, je le suis toujours. J’étais révoltée, je le suis encore. J’étais naïve parce que sans imagination sur la méchanceté du monde. Sans doute que ma famille m’avait appris l’honnêteté, m’avait fait croire que le monde et les hommes sont bons, et que je les ai crus. A moins que ce ne soit le catholicisme qui m’apprit ça ?
La musique que jouait tous ces chanteurs et joueurs de guitare je ne l’entendis que bien plus tard. A cette époque je n’écoutais rien, sinon la musique classique et le jazz ; années 70, quand je commençais à me désengluer j’écoutais Barbara, je revins à Brassens que j’avais écouté adolescente, je découvrais la musique indienne d’Amérique du sud, et je chantais des chants révolutionnaires parce que je croyais… à quoi d’ailleurs ? un autre monde ?
Donc ces musiciens et moi nous étions vraiment dans des mondes qui ne se touchaient pas du tout. Quand on dit hippies maintenant ce sont à eux qu’on pense ? je n’ai jamais supporté ce mot, qu’en plus on me qualifiait. Vraiment non j’étais si loin de tout ça.
Les musiciens suivants sont tous morts à 27 ans de mort violente
vu l’actualité j’ai rajouté Amy Winehouse