Ce livre est un choc tout au long de ses pages. Simple citoyen, même politisé, n’ayant que pas ou peu – dans le cadre de salariée -côtoyé la classe de l’oligarchie et bien que sachant, théoriquement, qu’elle existe, ce livre nous met le nez dedans.
Malgré son titre, Nicolas Sarkozy n’est qu’un exemple parmi d’autres, mais lui a eu la maladresse de nous découvrir, surtout depuis l’affaire Woerth-Bettencourt, ce que le pouvoir tend à nous cacher. Le scandale que nous vivons depuis la nuit du Fouquet’s, toujours renouvelé, est surtout là… pour eux. Nous devrions presque remercier notre président de nous avoir découvert avec tant de maladresse cette classe de riches qui nous dirigent et dirigent le monde. Eux ont une conscience de classe alors qu’ils nous harcèlent à longueur de publicités, d’interventions des gouvernants qui ne sont que leurs délégués, que la lutte des classes est démodée, eux savent bien que non et l’appliquent quotidiennement.
Ce livre est un foisonnement d’informations par thèmes sociologiques (ce que sont les auteurs) – protégés par le bouclier fiscal, les riches à Neuilly, familles, qui détient le quartier de La Défense – il ne traite pas de Nicolas Sarkozy depuis sa naissance à aujourd’hui mais selon ses actes dans telle ou telle situation, il est donc difficile de le résumer, d’autant que je l’ai moi-même lu par pioche. Je vais donc faire plusieurs billets en extrayant des passages que je reformulerai pour des raisons didactiques.
1- La dette publique
- Entre 1993 et 1995, Nicolas Sarkozy ministre délégué au Budget entre mars 1993 et mai 1995, la dette passe de 41% à 51 % soit une hausse de 5% par an.
- En 2001 elle était de 56,9 % du PIB (Produit Intérieur Brut), sous les 60 % imposés par le traité de Maastricht.
- À partir de 2002 (Raffarin Premier ministre, Nicolas Sarkozy ministre de l’Economie 2004-2005) les comptes publics passent dans le rouge et partent à la dérive.
- En 2007, quand Sarkozy investit l’Elysée, elle est de 64,2 % du PIB (1 218 milliards).
- En 2010 elle atteint 84,2 % du PIB (1 639 milliards).
Les emprunts de l’état ont doublé passant de 97,5 milliards en 2007 à 188 milliards d’euros en 2010. (1)
Renfloués par l’état, les établissements bancaires ont pu lui prêter une partie de l’argent qu’ils venaient de recevoir(…) les CDS (Credit Default Swap), titres d’assurance qui couvrent un risque de crédit, rapportent dans le cas de la Grèce d’autant plus que les primes à verser sont élevées (…) cela explique que la Grèce ne trouve des prêts qu’à des taux exorbitants, ce qui entraîne des coupes drastiques dans le budget de l’Etat. (2)
(…) un champ de bataille a été ouvert par les spéculateurs contre les Etats, avec la création de ce marché financier de couverture des dettes publiques (…) indicateur de la domination de la finance sur la politique.(…) les petits épargnants (…) (détenant) plusieurs millions d’euros et leurs maigres livrets A sont (…) mis à contribution (…) avec un taux de rémunération de 1,75 %, ces fonds (…) réservés aux Caisses d’épargne, mais ouverts aux banques (…) constituent une aubaine puisqu’ils sont moins rémunérés que les emprunts d’Etat dont le taux (est) de 4% au milieu de 2010. Les établissements financiers peuvent donc, en mobilisant cette épargne populaire, faire de savoureux bénéfices. Tant que ces épargnants accepterons une aussi faible rémunération, il sera possible de rembourser à bas coût une partie du déficit public.
Et tant que vous y êtes allez voir sur rêver de nouveau son explication concernant le logement social qui est mis en situation de financer les riches… je traite du bouclier fiscal par là…
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(1) J’expliquerai dans un autre billet comment les riches ont bénéficié de remises de toutes sortes pour payer le moins possible d’impôt tout au long de cette progression commencée en 1993, ce n’est donc pas « que » la crise, mais bien aussi un manque de recettes
(2) n’oubliez pas le rôle funeste de Dominique Strauss-Kahn (DSK) dans ces orientations